Chaque rentrée universitaire ramène la même inquiétude budgétaire dans les familles : comment financer une année d’études quand le loyer, les transports et les frais de scolarité s’additionnent ? La bourse du Crous 2026-2027, officiellement appelée bourse sur critères sociaux, reste le principal filet de sécurité des étudiants de l’enseignement supérieur français. Versée par le réseau des Crous pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur, elle concerne près de 700 000 étudiants et peut représenter jusqu’à 6 335 € sur une année universitaire. Encore faut-il comprendre comment se détermine l’échelon, quelles ressources sont réellement prises en compte, et pourquoi certains dossiers déposés dans les temps ne débouchent sur aucun versement avant novembre. Ce guide fait le point, chiffres et dates à l’appui, sur le fonctionnement complet du dispositif.
La bourse sur critères sociaux : ce que finance réellement l’État
La bourse sur critères sociaux n’est ni un prêt ni une avance remboursable : c’est une aide financière définitive, attribuée pour une année universitaire, qui n’a pas à être rendue tant que l’étudiant respecte ses obligations d’assiduité et de présence aux examens. Elle vise à réduire les inégalités d’accès aux études supérieures en compensant partiellement le coût de la vie étudiante. Son montant ne dépend ni de la filière choisie ni des résultats obtenus, mais uniquement de la situation financière et familiale du foyer de rattachement. Cette logique purement sociale explique qu’un étudiant brillant issu d’un foyer aisé n’y ait pas droit, tandis qu’un étudiant en difficulté scolaire mais aux ressources familiales modestes puisse percevoir l’échelon maximal.
Les trois conditions d’accès à vérifier avant de déposer
Trois conditions cumulatives encadrent l’entrée dans le dispositif. La condition d’âge d’abord : il faut avoir moins de 28 ans au 1er septembre de l’année universitaire pour une première demande, cette limite étant repoussée en cas de service national, de volontariat ou de handicap reconnu. La condition de diplôme ensuite : l’étudiant doit être inscrit en formation initiale, à temps plein, dans un établissement public ou privé habilité à recevoir des boursiers. La condition de nationalité enfin : les ressortissants français et de l’Union européenne y ont accès de plein droit, les étudiants étrangers hors UE devant justifier d’un titre de séjour et d’une résidence en France depuis au moins deux ans, ou d’une attache familiale sur le territoire. À ces trois filtres s’ajoute une exigence souvent sous-estimée : la progression dans le cursus. Le nombre d’années de bourse est en effet plafonné selon le niveau d’études visé, et un redoublement mal négocié peut faire perdre le bénéfice de l’aide.
Les huit échelons de bourse et leurs montants
Le barème repose sur huit échelons, du plus modeste au plus élevé : 0 bis, 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7. Les montants ont été reconduits sans revalorisation pour la rentrée 2026-2027, dans la continuité de l’arrêté du 15 avril 2025 qui fixait déjà les niveaux applicables à l’année précédente. Concrètement, la bourse est versée en dix mensualités, de septembre à juin, et non sur douze mois. Le tableau ci-dessous récapitule les montants mensuels et annuels correspondant à chaque échelon, ainsi que les exonérations associées.
| Échelon | Montant mensuel | Montant annuel (10 mois) | Droits d’inscription | CVEC |
|---|---|---|---|---|
| 0 bis | 145,40 € | 1 454 € | Exonéré | Exonéré |
| 1 | 216,30 € | 2 163 € | Exonéré | Exonéré |
| 2 | 326,00 € | 3 260 € | Exonéré | Exonéré |
| 3 | 417,50 € | 4 175 € | Exonéré | Exonéré |
| 4 | 509,10 € | 5 091 € | Exonéré | Exonéré |
| 5 | 584,30 € | 5 843 € | Exonéré | Exonéré |
| 6 | 619,50 € | 6 195 € | Exonéré | Exonéré |
| 7 | 633,50 € | 6 335 € | Exonéré | Exonéré |
Un point mérite d’être souligné car il fait souvent la différence dans un budget étudiant : même l’échelon 0 bis, le plus bas, ouvre droit à l’exonération totale des droits d’inscription universitaires et de la contribution de vie étudiante et de campus. Pour une licence, cela représente environ 175 € de droits auxquels s’ajoutent une centaine d’euros de CVEC, soit un gain de trésorerie immédiat de près de 280 € dès l’inscription. Il existe par ailleurs un échelon 0 dit « échelon zéro simple » qui n’ouvre droit à aucun versement mensuel mais conserve ces exonérations, ainsi que l’accès au repas à tarif très social en restaurant universitaire. Beaucoup d’étudiants renoncent à déposer un dossier en pensant qu’ils sont « trop juste au-dessus » : c’est une erreur de calcul, car l’échelon 0 reste une porte d’entrée vers plusieurs avantages annexes.
Dix mensualités, parfois douze
La règle générale est un versement sur dix mois, du 5 septembre au 5 juin environ. Certains étudiants bénéficient toutefois du maintien de la bourse pendant les grandes vacances, ce qui porte le total à douze mensualités et jusqu’à 7 602 € à l’échelon 7. Ce prolongement estival n’est pas automatique : il vise principalement les étudiants pupilles de la Nation, ceux dont les parents résident à l’étranger dans un pays sans possibilité de retour, les étudiants isolés sans soutien familial, ou encore ceux inscrits dans une formation dont le calendrier pédagogique s’étend au-delà du mois de juin. La demande se formule auprès du service social du Crous, dossier justificatif à l’appui, et fait l’objet d’un examen individuel. Mieux vaut l’anticiper dès le printemps plutôt que d’attendre le mois de juillet.

Comment le Crous calcule votre échelon
Le calcul de l’échelon repose sur le croisement de deux données : le revenu du foyer de rattachement et un nombre de points de charge. Le résultat est purement mécanique, sans marge d’appréciation, ce qui explique que deux étudiants aux revenus familiaux identiques puissent obtenir des échelons différents selon leur éloignement géographique ou la composition de leur fratrie. Comprendre ce mécanisme permet d’anticiper son échelon avant même de déposer le dossier, et surtout de repérer les erreurs de saisie qui coûtent chaque année plusieurs centaines d’euros à des milliers de familles.
Les revenus retenus sont ceux de l’année N-2
Pour l’année universitaire 2026-2027, le Crous retient le revenu brut global figurant sur l’avis d’imposition 2025 portant sur les revenus de 2024. Ce décalage de deux ans est une source récurrente d’incompréhension : une famille dont les revenus ont chuté en 2026 se voit appliquer un barème fondé sur une situation antérieure bien plus favorable. Il existe heureusement une soupape. En cas de modification substantielle et durable de la situation familiale intervenue après l’année de référence, le Crous peut retenir les revenus de l’année en cours. Sont concernés le décès d’un parent, le divorce ou la séparation, le chômage de longue durée, le placement en invalidité, la retraite, la cessation d’activité pour raison de santé ou encore le surendettement reconnu. Cette demande de révision doit être formulée explicitement, avec pièces justificatives : elle n’est jamais déclenchée d’office par l’administration.
Les points de charge, ce levier méconnu
Les points de charge corrigent le barème pour tenir compte des contraintes objectives du foyer. Chaque point supplémentaire relève les plafonds de ressources applicables, et peut donc faire basculer un dossier d’un échelon à l’échelon supérieur à revenu constant. Trois familles de critères sont retenues, détaillées dans le tableau ci-dessous.
| Situation | Points attribués | Justificatif attendu |
|---|---|---|
| Distance domicile-établissement de 30 à 249 km | 1 point | Certificat de scolarité et justificatif de domicile |
| Distance domicile-établissement de 250 km et plus | 2 points | Certificat de scolarité et justificatif de domicile |
| Chaque enfant à charge du foyer, autre que le candidat | 2 points | Avis d’imposition des parents |
| Chaque frère ou sœur étudiant dans le supérieur | 4 points | Certificat de scolarité de l’établissement |
Le cas d’une fratrie de deux étudiants illustre bien l’ampleur du levier. Une famille avec deux enfants inscrits en licence dans deux villes différentes cumule, pour chacun d’eux, 4 points au titre du frère ou de la sœur étudiant et 1 à 2 points au titre de la distance. Ce total de 5 à 6 points peut suffire à faire passer les deux dossiers de l’échelon 2 à l’échelon 4, soit un écart de plus de 1 800 € par an et par étudiant. Encore faut-il joindre au dossier le certificat de scolarité du frère ou de la sœur, pièce que beaucoup de familles oublient de fournir. Il s’agit, statistiquement, de l’un des oublis les plus coûteux de la campagne.
Le Dossier social étudiant : calendrier et pièces à fournir
Toute demande de bourse passe par le Dossier social étudiant, le fameux DSE, déposé en ligne sur le portail messervices.etudiant.gouv.fr. Un même dossier vaut demande de bourse et demande de logement en résidence universitaire, ce qui évite les doubles saisies mais impose de ne pas se tromper au moment de cocher les vœux. La campagne 2026-2027 s’est ouverte le 2 mars 2026 et la date limite conseillée était fixée au 31 mai 2026. Cette date n’est pas un couperet juridique : il reste possible de déposer un dossier après la rentrée, y compris en octobre ou en novembre. Mais le prix à payer est double. D’une part la priorité sur les logements Crous est perdue, d’autre part le premier versement intervient avec plusieurs semaines voire plusieurs mois de retard, sans rappel rétroactif au-delà des règles prévues par la réglementation.
Les dates clés à retenir
- 2 mars 2026 : ouverture de la campagne DSE pour l’année 2026-2027.
- 5 mai 2026 : ouverture de la phase principale d’attribution des logements, avec priorité aux boursiers.
- 31 mai 2026 : date limite conseillée pour un traitement prioritaire du dossier.
- 7 juillet 2026 : démarrage de la phase complémentaire pour le logement étudiant.
- Juillet 2026 : envoi des notifications conditionnelles d’attribution de bourse.
- Septembre 2026 : premier versement pour les dossiers complets et les inscriptions confirmées.
La notification reçue en juillet mérite une lecture attentive : elle est explicitement qualifiée de conditionnelle. Elle indique un échelon prévisionnel, mais le versement ne sera déclenché que lorsque l’établissement aura transmis au Crous la confirmation de l’inscription administrative de l’étudiant. Un dossier parfait déposé en mars ne protège donc pas d’un retard de paiement si l’inscription universitaire traîne en septembre. C’est la principale cause de décalage constatée chaque automne.
La bourse n’est pas une aide automatique : c’est un droit qui se demande dans les temps, se justifie pièce par pièce, et se confirme chaque année. Un dossier oublié au printemps, c’est une rentrée financée à découvert.
Les justificatifs à préparer en amont
La liste des pièces reste stable d’une année sur l’autre. Il faut réunir l’avis d’imposition 2025 sur les revenus 2024 des parents ou du tuteur légal, la copie intégrale du livret de famille, une pièce d’identité en cours de validité, un relevé d’identité bancaire au nom de l’étudiant et les certificats de scolarité des frères et sœurs scolarisés dans le supérieur. S’y ajoutent, selon les situations, le jugement de divorce fixant la pension alimentaire, l’attestation de versement de l’allocation aux adultes handicapés, le titre de séjour pour les étudiants étrangers ou l’attestation de rupture de liens familiaux délivrée par un travailleur social. Le dépôt se fait sous format numérique et le Crous dispose ensuite d’un délai de traitement variable selon les académies, généralement compris entre quatre et huit semaines en période de forte affluence.

Le versement de la bourse : calendrier et retards fréquents
Les paiements interviennent en principe entre le 5 et le 8 de chaque mois, du mois de septembre au mois de juin inclus. La première mensualité est celle qui pose le plus de difficultés : elle suppose que l’inscription administrative soit finalisée, que le Crous ait reçu l’information de l’établissement et que le relevé d’identité bancaire ait été validé. Lorsque l’un de ces trois maillons manque, le versement bascule automatiquement au mois suivant, avec un rattrapage des sommes dues. Sur le plan pratique, il est prudent de prévoir une trésorerie couvrant les six premières semaines de l’année universitaire plutôt que de compter sur un virement au 5 septembre.
Pourquoi votre bourse n’arrive pas
- Inscription administrative non finalisée : tant que l’établissement n’a pas transmis la confirmation, aucun paiement n’est déclenché.
- RIB non conforme : le compte doit être ouvert au nom de l’étudiant, un compte au nom des parents bloque le versement.
- Pièce manquante : le dossier passe en attente sans notification systématique, d’où l’intérêt de vérifier son espace en ligne.
- Assiduité non justifiée : des absences répétées signalées par l’établissement peuvent suspendre puis faire réclamer les sommes versées.
- Changement d’académie : un transfert de dossier entre deux Crous allonge mécaniquement les délais.
Les aides qui se cumulent avec la bourse du Crous
La bourse sur critères sociaux ne se suffit rarement à elle-même, mais elle ouvre la porte à tout un écosystème d’aides complémentaires qu’il serait dommage de laisser de côté. Le statut de boursier vaut en effet justificatif auprès de nombreux organismes, des collectivités territoriales aux opérateurs de transport, et déclenche parfois des exonérations automatiques. Un étudiant à l’échelon 5 qui active l’ensemble des dispositifs auxquels il a droit améliore son budget annuel de plusieurs milliers d’euros au-delà de la seule bourse. Voici les principaux leviers à examiner.
- Les aides au logement : l’aide personnalisée au logement ou l’allocation de logement sociale se cumulent intégralement avec la bourse. Notre guide sur l’APL étudiant en 2026 détaille les montants et la procédure de demande auprès de la CAF.
- L’aide à la mobilité Master : 1 000 € versés une seule fois aux boursiers qui changent de région académique entre la licence et le master.
- L’aide à la mobilité internationale : environ 400 € par mois de séjour à l’étranger, dans la limite de neuf mois, réservée aux boursiers.
- Le repas à 1 € : tarif très social en restaurant universitaire, accessible à tous les boursiers y compris à l’échelon 0.
- Les aides spécifiques ponctuelles : attribuées par le service social du Crous en cas de difficulté passagère, sans condition d’âge ni d’échelon préalable.
- Les bourses régionales et sectorielles : la plupart des régions et de nombreuses fondations réservent leurs dispositifs aux boursiers de l’État.
Le conseil de la rédaction
Ne renoncez jamais à déposer un DSE au motif que les revenus du foyer vous semblent trop élevés. Le dépôt est gratuit, se fait en vingt minutes, et l’échelon 0 simple, qui n’ouvre droit à aucun versement mensuel, reste très rentable : il vous exonère des droits d’inscription et de la CVEC, soit près de 280 € économisés dès septembre, et vous donne accès au repas à tarif très social ainsi qu’à plusieurs aides régionales réservées aux boursiers. Pensez également à demander la révision sur les revenus de l’année en cours si votre situation familiale s’est dégradée depuis 2024 : cette démarche n’est jamais lancée automatiquement par le Crous et elle change parfois l’échelon de deux à trois crans.

Bourse, impôt et rattachement au foyer fiscal des parents
La question fiscale revient systématiquement dans les familles au moment de la déclaration de revenus. La règle est claire : les bourses d’enseignement supérieur attribuées sur critères sociaux ne constituent pas un revenu imposable. Elles n’ont donc à être déclarées ni par l’étudiant, ni par les parents lorsque celui-ci reste rattaché à leur foyer fiscal. Cette exonération vaut aussi bien pour la bourse elle-même que pour les aides à la mobilité versées par le Crous. En revanche, les bourses attribuées en contrepartie d’un travail de recherche ou d’une activité déterminée, comme certains contrats doctoraux, suivent le régime des traitements et salaires et doivent être déclarées normalement.
Rattachement ou détachement : un arbitrage à chiffrer
Le rattachement d’un enfant étudiant au foyer fiscal des parents jusqu’à ses 25 ans est possible mais pas toujours optimal. Il conserve la demi-part ou la part supplémentaire de quotient familial, dont l’avantage est plafonné, et permet de déduire les frais de scolarité forfaitaires. À l’inverse, le détachement permet à l’étudiant de déclarer seul ses éventuels revenus d’activité, avec une exonération spécifique des salaires de jobs étudiants dans une certaine limite annuelle, et ouvre parfois droit à des aides calculées sur ses propres ressources. Il faut souligner que ces deux options n’ont aucun effet sur le calcul de l’échelon de bourse : le Crous raisonne sur le foyer de rattachement déclaré dans le DSE, indépendamment du choix fiscal. La question du financement des études se complique lorsque les parents sont séparés, sujet que nous détaillons dans notre article sur qui paie les études supérieures après un divorce parental.
Alternance, reprise d’études, handicap : les cas particuliers
Certaines situations sortent du schéma classique de l’étudiant de dix-neuf ans inscrit en licence. L’alternance en est l’exemple le plus fréquent : un apprenti ou un salarié en contrat de professionnalisation perçoit une rémunération et n’est donc pas éligible à la bourse sur critères sociaux, sa formation n’étant pas considérée comme relevant de la formation initiale à temps plein. Les étudiants en reprise d’études après une interruption professionnelle se heurtent quant à eux à la limite d’âge de 28 ans, sauf à justifier d’une situation ouvrant droit à report. Les étudiants en situation de handicap bénéficient en revanche d’un régime nettement plus souple, avec une limite d’âge levée et un nombre d’années de droits étendu. Sur l’articulation entre allocation aux adultes handicapés et statut étudiant, notre dossier consacré à l’AAH étudiant et son montant en 2026 apporte les précisions utiles.
Un dernier cas mérite l’attention : celui de l’étudiant en rupture de liens familiaux. Lorsque les relations avec les parents sont rompues et qu’aucune aide financière n’est versée, le Crous peut examiner le dossier en écartant les revenus parentaux. Il faut alors produire un faisceau de preuves solide : dépôt de plainte, ordonnance de protection, attestation circonstanciée d’un travailleur social ou jugement. La procédure est exigeante, parfois éprouvante, mais elle débouche généralement sur l’échelon 7 assorti du maintien estival de la bourse. Les assistantes sociales des Crous sont l’interlocuteur dédié pour monter ce type de dossier et il ne faut pas hésiter à les solliciter dès le printemps.
Questions fréquentes sur la bourse du Crous 2026-2027
Peut-on déposer un DSE après le 31 mai 2026 ?
Oui. La date du 31 mai est une date conseillée, pas une forclusion. Un dossier déposé en septembre ou en octobre sera instruit, mais la priorité pour le logement en résidence universitaire est perdue et le premier versement intervient avec un décalage de plusieurs semaines. Au-delà du 31 décembre, les possibilités de régularisation deviennent très limitées.
La bourse est-elle cumulable avec un job étudiant ?
Oui, sans plafond de revenus propre à l’étudiant. Les salaires perçus par le boursier lui-même n’entrent pas dans le calcul de l’échelon, qui repose sur les revenus du foyer de rattachement. La seule contrainte reste l’assiduité aux cours et la présence aux examens, condition de maintien de la bourse.
Que se passe-t-il en cas de redoublement ?
Le nombre d’années de bourse est plafonné par cycle : schématiquement cinq droits pour le cursus licence et trois pour le cursus master, avec des règles de progression. Un premier redoublement est généralement absorbé sans perte de droits, un second devient problématique. Une réorientation en début d’année est mieux traitée qu’un échec en fin de cursus.
Faut-il refaire un dossier chaque année ?
Oui, sans exception. La bourse n’est jamais reconduite tacitement. Chaque printemps, un nouveau DSE doit être saisi avec l’avis d’imposition actualisé, même si la situation familiale n’a pas bougé. L’oubli de renouvellement est l’une des premières causes d’interruption de versement en septembre.
La bourse du Crous a-t-elle un lien avec la bourse des lycées ?
Les deux dispositifs sont indépendants, gérés par des administrations différentes et calculés selon des barèmes distincts. Avoir été boursier au lycée ne garantit donc rien pour le supérieur, même si les profils éligibles se recoupent largement. Le fonctionnement du dispositif du secondaire est détaillé dans notre guide sur la bourse des collèges et des lycées 2026-2027.
Ce qu’il faut retenir
La bourse du Crous 2026-2027 conserve un barème inchangé, de 145,40 € à 633,50 € par mois sur dix mensualités, avec une exonération systématique des droits d’inscription et de la CVEC quel que soit l’échelon. L’essentiel se joue en amont : un DSE déposé avant le 31 mai, des points de charge correctement déclarés et justifiés, une demande de révision formulée si les revenus du foyer ont chuté depuis 2024, et une inscription administrative finalisée tôt en septembre. Ces quatre réflexes suffisent à sécuriser la quasi-totalité des dossiers. Pour les situations complexes, le service social du Crous reste l’interlocuteur le plus efficace, bien avant les forums en ligne.
Cet article a une vocation purement informative et reflète la réglementation connue à la date de sa publication. Les barèmes et plafonds sont susceptibles d’évoluer par arrêté. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : pour toute situation particulière, rapprochez-vous du service social de votre Crous ou d’un professionnel qualifié.

Pierre est rédacteur spécialisé dans les thématiques liées à la fiscalité et à l’économie du quotidien. Il s’attache à expliquer de manière claire et structurée les règles fiscales, les obligations déclaratives et les dispositifs existants, afin de rendre l’information accessible au plus grand nombre.

