Complémentaire santé solidaire 2026 : plafonds, participation et démarches

La complémentaire santé solidaire 2026 reste le dispositif le plus efficace, et pourtant le plus sous-utilisé, pour supprimer le reste à charge sur les dépenses de santé courantes. Chaque année, plusieurs millions de foyers français y auraient droit sans jamais en faire la demande, souvent parce qu’ils pensent à tort gagner trop, ou parce qu’ils confondent ce dispositif avec l’ancienne CMU-C. Depuis la réforme de 2019, la C2S a pourtant absorbé à la fois la CMU-C et l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), et elle couvre désormais un spectre large de situations : allocataires de minima sociaux, retraités modestes, travailleurs à temps partiel, étudiants autonomes ou familles monoparentales. Les plafonds ont été revalorisés au 1er avril 2026 et s’appliquent jusqu’au 31 mars 2027.

Cet article fait le point complet sur les montants en vigueur, sur le calcul des ressources qui détermine votre éligibilité, sur le coût réel de la formule payante et sur les démarches à accomplir. Nous détaillons aussi les piles de dossiers rejetés pour des raisons évitables : forfait logement oublié, période de référence mal comprise, changement de situation non signalé. L’objectif est simple : vous permettre de savoir en quelques minutes si vous entrez dans les clous, et si oui, comment obtenir votre droit sans perdre de temps ni de remboursements. Les chiffres cités correspondent au barème officiel applicable en 2026-2027.

Carte Vitale et documents d assurance maladie pour une demande de complémentaire santé solidaire
La C2S se présente simplement avec la carte Vitale chez le professionnel de santé. Photo : RDNE Stock project / Pexels

La complémentaire santé solidaire en 2026 : de quoi parle-t-on exactement ?

La C2S est une couverture complémentaire santé attribuée sous conditions de ressources et gérée soit par votre caisse d’assurance maladie, soit par un organisme complémentaire figurant sur la liste officielle. Elle intervient après le remboursement de la Sécurité sociale et prend en charge la part complémentaire de vos dépenses, ce qui aboutit dans la très grande majorité des cas à un reste à charge nul. Contrairement à une mutuelle classique, elle ne comporte ni questionnaire de santé, ni délai de carence, ni exclusion liée à l’âge ou à l’état de santé. Elle ouvre également droit à des protections spécifiques, comme l’interdiction faite aux professionnels de santé de pratiquer des dépassements d’honoraires à votre égard, hors exigence particulière du patient.

Deux formules selon votre niveau de ressources

Le dispositif se décline en deux versions. La première, la C2S sans participation financière, est entièrement gratuite : vous ne payez aucune cotisation. La seconde, la C2S avec participation financière, s’adresse aux foyers dont les ressources dépassent légèrement le premier plafond, dans la limite d’une majoration de 35 %. Dans ce cas, une cotisation mensuelle modique est due, calculée selon l’âge de chaque membre du foyer. Les garanties sont strictement identiques dans les deux formules : la participation ne dégrade en rien la qualité de la couverture. C’est un point souvent méconnu qui décourage à tort certains demandeurs de déposer un dossier.

Les plafonds de ressources applicables du 1er avril 2026 au 31 mars 2027

Les plafonds sont revalorisés chaque année au 1er avril, en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation hors tabac. Ils sont exprimés en revenu mensuel moyen du foyer et augmentent avec le nombre de personnes qui le composent, selon un système de majorations dégressives puis réhaussantes. La logique est la suivante : la deuxième personne du foyer ajoute 50 % du plafond de base, les troisième et quatrième personnes 30 % chacune, et chaque personne supplémentaire à partir de la cinquième 40 %. Le plafond de la formule payante correspond au plafond de la formule gratuite majoré de 35 %.

Composition du foyer Plafond C2S gratuite (par mois) Plafond C2S avec participation (par mois) Plafond C2S gratuite (par an)
1 personne 868 € 1 172 € 10 416 €
2 personnes 1 303 € 1 759 € 15 636 €
3 personnes 1 563 € 2 110 € 18 756 €
4 personnes 1 824 € 2 462 € 21 888 €
5 personnes 2 171 € 2 931 € 26 052 €
Par personne supplémentaire + 347 € + 469 € + 4 164 €

Ces montants concernent la France métropolitaine. Les départements et régions d’outre-mer disposent d’un barème spécifique, légèrement supérieur, publié par la direction de la Sécurité sociale. Retenez surtout l’ordre de grandeur : une personne seule percevant jusqu’à environ 1 170 € par mois reste dans le périmètre du dispositif, ce qui dépasse largement le niveau du RSA et englobe de nombreux salariés à temps partiel ou rémunérés au voisinage du SMIC net après abattements. C’est précisément cette population qui renonce le plus souvent à déposer une demande, en s’estimant à tort hors des critères.

Quelles ressources sont réellement prises en compte ?

La caisse examine l’ensemble des ressources perçues par tous les membres du foyer au cours des douze mois civils précédant la demande, puis en calcule la moyenne mensuelle. Entrent dans l’assiette les salaires nets, les revenus des travailleurs indépendants, les pensions de retraite et d’invalidité, les allocations chômage, les indemnités journalières, les pensions alimentaires perçues, les revenus fonciers ainsi que les revenus de capitaux mobiliers. Certains éléments sont en revanche exclus, notamment l’allocation de rentrée scolaire, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, la prime d’activité, les bourses d’études sur critères sociaux, l’allocation personnalisée d’autonomie et les aides ponctuelles à caractère social versées par les collectivités ou les organismes de sécurité sociale.

Cette période glissante de douze mois est à la fois une contrainte et une opportunité. Une contrainte, parce qu’un revenu élevé perçu au début de la période continue de peser sur la moyenne alors que votre situation s’est dégradée. Une opportunité, parce qu’il existe des règles de neutralisation : en cas de chômage indemnisé ou non, d’arrêt de travail supérieur à six mois, de placement en congé parental, de divorce ou de séparation, les revenus d’activité antérieurs peuvent être partiellement ou totalement écartés du calcul. Il faut simplement penser à signaler explicitement ces événements dans le formulaire, ce que beaucoup de demandeurs omettent de faire.

Le forfait logement, ce paramètre qui fait basculer des milliers de dossiers

C’est le point technique le plus mal compris du dispositif. Si vous êtes propriétaire de votre logement, si vous êtes hébergé à titre gratuit ou si vous percevez une aide au logement, la caisse ajoute à vos ressources un forfait logement représentant l’avantage économique dont vous bénéficiez. Depuis le 1er avril 2026, ce forfait s’élève à 78,20 € par mois pour une personne seule, et il augmente avec la taille du foyer. Lorsque l’aide au logement perçue est inférieure au forfait, c’est son montant réel qui est retenu ; lorsqu’elle est supérieure, c’est le forfait qui s’applique, ce qui joue plutôt en votre faveur.

  • Locataire sans aide au logement : aucun forfait n’est ajouté à vos ressources.
  • Locataire percevant l’APL ou l’ALS : le forfait logement remplace le montant perçu dans le calcul.
  • Propriétaire sans emprunt en cours : le forfait est ajouté intégralement.
  • Hébergé gratuitement chez un tiers : le forfait est également ajouté, y compris chez un membre de la famille.
  • Résident en établissement médico-social : des règles spécifiques s’appliquent selon le mode d’hébergement.

Concrètement, une personne seule percevant 800 € de pension et 250 € d’APL ne sera pas évaluée sur 1 050 € mais sur 878,20 €, soit 800 € augmentés du forfait de 78,20 €. Elle dépasse donc de peu le plafond de la formule gratuite mais reste très confortablement dans celui de la formule avec participation. Ce mécanisme explique pourquoi il est impossible d’estimer son éligibilité à partir du seul montant net figurant sur son avis d’impôt. Le simulateur officiel disponible sur le site de l’Assurance maladie intègre ce paramètre et donne en trois minutes une réponse fiable. Pour comprendre les interactions entre aides au logement et ressources, notre article sur le lien entre quotient familial et APL apporte un éclairage complémentaire utile.

Consultation chez un médecin généraliste sans avance de frais grâce au tiers payant intégral
Chez le médecin, la C2S dispense de toute avance de frais. Photo : Vitaly Gariev / Pexels

La participation financière : combien allez-vous réellement payer ?

Lorsque vos ressources se situent entre le plafond de la formule gratuite et ce même plafond majoré de 35 %, la C2S vous est accordée moyennant une participation. Celle-ci est calculée individuellement pour chaque membre du foyer, en fonction de son âge au 1er janvier de l’année d’attribution du droit. Le total constitue la cotisation mensuelle du foyer. Le paiement s’effectue directement auprès de l’organisme gestionnaire choisi, mensuellement, trimestriellement ou annuellement selon les organismes. Le défaut de paiement entraîne la suspension puis la résiliation du contrat, avec impossibilité de redemander la C2S pendant une période déterminée, ce qui rend la vigilance indispensable.

Âge au 1er janvier de l’année d’attribution Participation mensuelle par personne Coût annuel par personne
29 ans et moins 8 € 96 €
De 30 à 49 ans 14 € 168 €
De 50 à 59 ans 21 € 252 €
De 60 à 69 ans 25 € 300 €
70 ans et plus 30 € 360 €

Un couple de 55 et 58 ans acquittera donc 42 € par mois, soit 504 € par an, pour une couverture sans reste à charge sur l’essentiel des soins. À titre de comparaison, une complémentaire individuelle de niveau équivalent pour cette tranche d’âge dépasse fréquemment 150 € par mois et par personne, avec des plafonds de remboursement, des délais de carence et des restes à charge sur l’optique et le dentaire. L’écart de coût est donc considérable, ce qui justifie de vérifier son éligibilité avant toute souscription à une mutuelle du marché, en particulier au moment du départ à la retraite lorsque la mutuelle d’entreprise prend fin.

Le renoncement aux soins pour raisons financières demeure l’un des marqueurs les plus têtus des inégalités de santé en France, alors même qu’un dispositif conçu pour l’éliminer existe et reste largement sous-mobilisé par ceux qui y auraient droit.

Ce que couvre concrètement la C2S

Le panier de soins de la complémentaire santé solidaire est défini par arrêté et s’impose à tous les organismes gestionnaires, qu’il s’agisse de votre caisse primaire ou d’une mutuelle inscrite sur la liste. Aucun ne peut proposer moins, et la concurrence entre organismes porte uniquement sur la qualité du service, pas sur l’étendue des garanties. La couverture prend en charge le ticket modérateur sur l’ensemble des actes remboursés par l’Assurance maladie, le forfait journalier hospitalier sans limitation de durée, ainsi que des forfaits spécifiques en optique, dentaire et audioprothèse qui vont sensiblement au-delà du panier 100 % santé accessible au grand public.

  • Consultations et actes médicaux : prise en charge intégrale du ticket modérateur, y compris pour les spécialistes consultés dans le parcours de soins coordonnés.
  • Hospitalisation : forfait journalier couvert sans plafond de durée, y compris en psychiatrie.
  • Optique : monture et verres pris en charge intégralement dans le cadre du panier dédié, renouvelable selon les règles de l’Assurance maladie.
  • Dentaire : soins conservateurs, prothèses et actes d’orthodontie dans les limites du panier réglementaire.
  • Audioprothèses : appareillage pris en charge sans reste à charge dans la classe I.
  • Dispositifs médicaux : pansements, orthèses, fauteuils roulants et matériel d’assistance respiratoire.

Le tiers payant intégral, l’avantage le plus immédiat

En présentant votre carte Vitale à jour, ou à défaut votre attestation de droits, vous êtes dispensé de toute avance de frais, sur la part obligatoire comme sur la part complémentaire. Cette dispense vaut chez le médecin, le dentiste, l’infirmier, le kinésithérapeute, en pharmacie, au laboratoire d’analyses et à l’hôpital. Le professionnel de santé est remboursé directement par les organismes. Concrètement, vous sortez du cabinet sans avoir sorti votre carte bancaire, ce qui supprime la barrière financière immédiate qui explique la majorité des renoncements aux soins. Pensez toutefois à mettre à jour votre carte Vitale en borne après l’ouverture du droit, faute de quoi le tiers payant peut être refusé par erreur.

L’interdiction des dépassements d’honoraires

Les professionnels de santé, y compris ceux exerçant en secteur 2, ne peuvent pas facturer de dépassement d’honoraires à un bénéficiaire de la C2S. La seule exception admise concerne les exigences particulières du patient, comme une consultation demandée en dehors des horaires habituels d’ouverture du cabinet ou une visite à domicile non justifiée médicalement. Cette règle est d’ordre public : un refus de soins ou une facturation abusive fondée sur votre statut de bénéficiaire constitue une discrimination sanctionnable, signalable directement auprès de votre caisse ou du conciliateur de l’Assurance maladie. Conservez toujours la feuille de soins ou la facture en cas de litige.

Retrait de médicaments en pharmacie sans avance de frais avec la complémentaire santé solidaire
En pharmacie, les médicaments remboursés sont délivrés sans paiement. Photo : cottonbro studio / Pexels

Comment obtenir la C2S en 2026 : attribution automatique ou demande

Le chemin d’accès dépend entièrement de votre situation. Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale ayant instauré l’automatisation, les allocataires du RSA bénéficient d’une attribution automatique de la C2S sans participation financière, sauf s’ils s’y opposent expressément lors de leur demande de RSA sur caf.fr. Le même mécanisme a été étendu aux bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées. Les titulaires de l’AAH ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité doivent, eux, déposer une demande, mais celle-ci est simplifiée et ne nécessite pas de justifier de nouveau leurs ressources.

La procédure de demande pas à pas

Si vous n’entrez dans aucune catégorie bénéficiant de l’automatisation, la démarche s’effectue en ligne depuis votre compte ameli, rubrique démarches, ou par voie postale à l’aide du formulaire S3711. Vous devrez déclarer la composition de votre foyer, vos ressources des douze derniers mois et votre situation de logement, puis choisir l’organisme qui gérera votre droit parmi la liste officielle. Ce choix n’est pas anodin sur le plan pratique : opter pour votre caisse primaire simplifie les échanges, tandis qu’un organisme complémentaire peut proposer des services annexes. Les garanties restent en revanche rigoureusement identiques quel que soit l’organisme retenu.

La caisse dispose en principe de deux mois pour instruire le dossier, l’absence de réponse valant rejet implicite au terme de ce délai. En pratique, les délais observés se situent souvent entre trois et six semaines. Le droit prend effet le premier jour du mois suivant la décision d’attribution pour la formule gratuite, et le premier jour du mois suivant le premier paiement pour la formule avec participation. Il est accordé pour une durée d’un an, renouvelable ensuite selon les mêmes modalités. En cas de refus, vous disposez de deux mois pour saisir la commission de recours amiable de votre caisse.

Renouvellement, changements de situation et sortie du dispositif

La C2S n’est pas un droit acquis une fois pour toutes. Elle est attribuée pour un an et doit être renouvelée, sauf lorsque vous percevez le RSA : dans ce cas, le renouvellement est automatique tant que dure votre allocation, sans aucune démarche de votre part. Pour les autres bénéficiaires, la demande de renouvellement doit être déposée entre quatre et deux mois avant l’échéance, faute de quoi une rupture de couverture est possible. Depuis 2022, cette procédure a été allégée : dans plusieurs situations, notamment pour les allocataires de minima sociaux, vous n’avez plus à redéclarer vos ressources ni à fournir de justificatifs, mais seulement à confirmer la composition de votre foyer.

Tout changement de situation intervenant en cours de droit doit être signalé sans délai à votre caisse : mariage, PACS, naissance, séparation, décès, déménagement, reprise ou perte d’emploi. Ces événements modifient soit la composition du foyer, soit le niveau de ressources, et peuvent faire basculer votre dossier de la formule gratuite vers la formule payante, ou inversement. Une hausse de revenus en cours d’année ne remet toutefois pas en cause le droit déjà ouvert : elle sera prise en compte lors du renouvellement. Cette stabilité en cours de période constitue une sécurité appréciable pour les personnes reprenant une activité. Les règles d’arrêt des prestations sociales suivent d’ailleurs des logiques proches de celles détaillées dans notre analyse des situations qui mettent fin au RSA.

Et si vous dépassez désormais les plafonds ?

Le législateur a prévu un filet de sécurité pour éviter les ruptures brutales de couverture. À l’expiration de votre droit à la C2S, l’organisme qui gérait votre contrat doit vous proposer, pendant un an, une couverture complémentaire à tarif encadré, dont le montant est plafonné réglementairement et varie selon l’âge. Cette proposition n’est pas obligatoire pour vous, mais elle offre un point de comparaison utile avant de démarcher le marché. Si vous êtes salarié, vérifiez également vos droits à la complémentaire collective de votre employeur, qui prend en charge au minimum la moitié de la cotisation et se révèle souvent plus avantageuse.

Le conseil de la rédaction

Ne renoncez jamais à déposer une demande au motif que vous dépasseriez le plafond : l’erreur la plus fréquente consiste à raisonner sur le revenu fiscal de référence de l’année N-2, alors que la C2S s’apprécie sur les douze derniers mois glissants, avec des règles de neutralisation en cas de perte d’emploi ou d’arrêt maladie. Si vous avez connu une baisse de revenus récente, votre moyenne mensuelle peut être bien inférieure à ce que vous imaginez. Faites systématiquement la simulation officielle avant de souscrire une mutuelle du marché, et refaites-la à chaque événement majeur : départ à la retraite, séparation, passage à temps partiel ou entrée en invalidité. Un dossier refusé une année peut parfaitement être accepté la suivante.

Les cinq erreurs qui font perdre le bénéfice de la C2S

L’expérience des caisses montre que les rejets et les pertes de droit se concentrent sur un petit nombre de causes récurrentes, toutes évitables. La première tient à l’oubli du forfait logement dans l’auto-évaluation, qui conduit soit à renoncer à tort, soit à déposer un dossier voué à l’échec. La deuxième concerne le non-paiement de la participation financière, souvent lié à un prélèvement rejeté non régularisé, qui entraîne une résiliation avec période de carence. La troisième réside dans le dépôt tardif de la demande de renouvellement, source de plusieurs semaines sans couverture complémentaire.

  • Sous-estimer ses droits en se fiant au revenu fiscal de référence plutôt qu’aux douze derniers mois.
  • Omettre de déclarer un changement de composition du foyer, ce qui peut déboucher sur un indû.
  • Ne pas mettre à jour sa carte Vitale après l’ouverture du droit, bloquant le tiers payant.
  • Cumuler la C2S avec une mutuelle payante sans résilier cette dernière, alors que la loi ouvre un droit à résiliation.
  • Laisser passer le délai de recours de deux mois après une décision de refus.

Le dernier point mérite une attention particulière. L’attribution de la C2S vous permet de résilier sans frais et sans préavis votre contrat de complémentaire santé individuel en cours, sur simple envoi d’une lettre accompagnée de l’attestation de droits. Conserver les deux couvertures en parallèle n’apporte aucun avantage, puisque la C2S intervient déjà en totalité sur le panier réglementaire, et représente une dépense pure. À l’inverse, si vous êtes couvert par un contrat collectif obligatoire d’entreprise, la question du cumul se pose différemment et mérite un examen au cas par cas avec votre employeur.

Examen de la vue chez l opticien pris en charge par le panier optique de la C2S
Optique, dentaire et audioprothèses font l’objet de paniers dédiés sans reste à charge. Photo : Shedrack Salami / Pexels

C2S et autres aides sociales : articulations à connaître

La complémentaire santé solidaire s’inscrit dans un écosystème d’aides dont les règles de cumul ne sont pas toujours intuitives. Elle est parfaitement cumulable avec la prime d’activité, laquelle n’est d’ailleurs pas comptabilisée dans les ressources examinées pour la C2S. Elle se cumule également avec les aides au logement, sous réserve de l’application du forfait décrit plus haut, ainsi qu’avec l’AAH, l’ASPA, les pensions d’invalidité et les bourses étudiantes. En revanche, elle est incompatible avec l’aide médicale de l’État, qui relève d’un régime distinct réservé aux personnes en situation irrégulière ne remplissant pas les conditions de résidence régulière.

Pour les foyers modestes exerçant une activité, l’examen conjoint de la C2S et de la prime d’activité constitue souvent le meilleur levier de pouvoir d’achat disponible. Le gain combiné peut dépasser plusieurs centaines d’euros par an, sans aucune contrepartie fiscale puisque ni l’une ni l’autre ne sont imposables. Notre guide détaillé sur le montant et le calcul de la prime d’activité en 2026 permet de vérifier votre éligibilité en parallèle. Les retraités modestes ont pour leur part intérêt à examiner conjointement leur situation au regard de l’ASPA, dont les interactions déclaratives sont détaillées dans notre article consacré à la déclaration de l’ASPA à la CAF.

Questions fréquentes sur la complémentaire santé solidaire 2026

Puis-je demander la C2S si je suis étudiant ?

Oui, à condition d’être fiscalement autonome ou de faire partie d’un foyer dont les ressources respectent les plafonds. Un étudiant rattaché au foyer fiscal de ses parents relève du dossier familial. En revanche, un étudiant de plus de dix-huit ans vivant seul, ne recevant pas de pension alimentaire déclarée et disposant de ressources propres inférieures au plafond peut déposer une demande individuelle. Les bourses sur critères sociaux ne sont pas prises en compte dans le calcul, ce qui rend le dispositif très accessible pour cette population. Les étudiants étrangers en situation régulière et affiliés à la Sécurité sociale française sont également éligibles.

Combien de temps faut-il pour recevoir sa carte ?

Comptez généralement entre trois et six semaines entre le dépôt du dossier complet et la réception de votre attestation de droits, même si le délai réglementaire d’instruction est de deux mois. L’attestation est téléchargeable dès l’ouverture du droit depuis votre compte ameli, ce qui vous évite d’attendre le courrier papier pour bénéficier du tiers payant. Pensez ensuite à actualiser votre carte Vitale dans une borne en pharmacie ou en caisse, opération qui prend quelques secondes et conditionne le bon fonctionnement de la dispense d’avance de frais chez tous les professionnels.

La C2S couvre-t-elle les cures thermales et la médecine douce ?

Le panier réglementaire couvre le ticket modérateur des cures thermales prescrites et prises en charge par l’Assurance maladie, mais il n’intègre pas les frais d’hébergement ni les prestations de confort. Les médecines dites douces, comme l’ostéopathie non prescrite, la naturopathie ou la sophrologie, restent hors du champ puisqu’elles ne sont pas remboursées par le régime obligatoire. Certains organismes gestionnaires proposent des actions sanitaires et sociales complémentaires, sous forme d’aides ponctuelles sur dossier, mais elles ne constituent pas un droit et varient fortement d’un organisme à l’autre.

Que se passe-t-il en cas d’impayé de la participation ?

Un défaut de paiement déclenche une mise en demeure, puis une suspension des droits si la régularisation n’intervient pas. La résiliation prononcée pour ce motif s’accompagne d’une impossibilité de redemander la C2S pendant une période définie, sauf changement de situation justifié. Si vous rencontrez une difficulté passagère, contactez immédiatement votre organisme gestionnaire pour solliciter un étalement ou une remise gracieuse : les caisses disposent d’une marge d’appréciation et préfèrent généralement un accord amiable à une radiation, particulièrement lorsque le foyer compte des personnes suivies pour une affection de longue durée.

Faut-il déclarer la C2S à l’administration fiscale ?

Non. La complémentaire santé solidaire n’est ni un revenu ni un avantage imposable : elle n’a pas à figurer sur votre déclaration de revenus et n’entre pas dans le calcul de votre revenu fiscal de référence. La participation financière éventuellement versée n’ouvre en revanche droit à aucune réduction ou crédit d’impôt, contrairement à certaines cotisations de prévoyance déductibles pour les indépendants. Le dispositif est donc totalement neutre sur le plan fiscal, ce qui renforce son intérêt par rapport à une complémentaire du marché financée sur des revenus déjà imposés.

Ce qu’il faut retenir

La complémentaire santé solidaire reste, en 2026, l’un des rares dispositifs sociaux à la fois simples dans leur principe et très puissants dans leurs effets : un plafond de 868 € par mois pour une personne seule ouvre la formule gratuite, 1 172 € la formule payante à quelques euros par mois, et les garanties sont identiques dans les deux cas. Le véritable obstacle n’est pas le niveau des plafonds mais la méconnaissance du calcul des ressources, en particulier du forfait logement et des règles de neutralisation. Trois minutes de simulation officielle suffisent à lever le doute et peuvent représenter plusieurs milliers d’euros de dépenses de santé évitées sur une année.

Cet article a une vocation purement informative et reflète la réglementation connue à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les montants et règles applicables évoluent chaque année ; pour une étude adaptée à votre situation, rapprochez-vous de votre caisse d’assurance maladie, d’un travailleur social ou d’un conseiller France Services.

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