Élèves de collège et de lycée en classe à la rentrée 2026

Bourse des collèges et des lycées 2026-2027 : montants, plafonds et demande

La bourse des collèges et des lycées 2026-2027 reste l’une des aides les plus mal connues de la rentrée, alors qu’elle concerne près d’un élève sur quatre dans le second degré. Versée par l’Éducation nationale et non par la CAF, elle n’a rien à voir avec l’allocation de rentrée scolaire : elle repose sur votre revenu fiscal de référence, elle se demande auprès de l’établissement et elle est payée en trois fois, à la fin de chaque trimestre. Cette année encore, la campagne se referme le 15 octobre 2026, une date que beaucoup de familles découvrent trop tard. Voici les montants exacts, les plafonds de ressources échelon par échelon, la marche à suivre pour déposer votre dossier et les aides qui viennent s’y ajouter.

Bourse des collèges 2026-2027 : trois échelons, trois montants

Fournitures et cartable d’un collégien boursier à la rentrée
La bourse de collège est versée en trois fractions égales, de fin décembre à fin juin. Photo : Jacob Yavin / Pexels

La bourse de collège s’adresse à tout élève scolarisé dans un collège public, dans un collège privé sous contrat, ou inscrit au Centre national d’enseignement à distance en classe de sixième à troisième. Aucune condition de nationalité n’est exigée, mais l’enfant doit être à la charge fiscale du demandeur et l’établissement doit être reconnu par l’Éducation nationale. L’attribution ne dépend ni des résultats scolaires ni du comportement de l’élève : il s’agit d’une aide strictement sociale, calculée à partir de deux paramètres seulement, le revenu fiscal de référence du foyer et le nombre d’enfants à charge. Un enfant en garde alternée ouvre droit à la bourse pour le parent qui le déclare fiscalement à charge, ce qui suppose de trancher la question en amont, avant même de déposer le dossier.

Pour l’année scolaire 2026-2027, le montant annuel s’établit à 120 € pour l’échelon 1, 336 € pour l’échelon 2 et 525 € pour l’échelon 3. Ces sommes peuvent sembler modestes rapportées au coût réel d’une année de collège, mais elles se cumulent avec d’autres dispositifs et elles ouvrent surtout la porte à la prime à l’internat et au fonds social collégien, deux aides bien plus substantielles. Le versement intervient en trois fractions égales, généralement fin décembre, fin mars et fin juin, directement sur le compte bancaire de la famille — sauf si l’établissement pratique la déduction sur la facture de demi-pension ou d’internat, une option encore fréquente dans certains départements. Pensez à vérifier ce point auprès de l’intendance dès la rentrée.

Échelon Montant annuel Par trimestre Plafond de RFR (1 enfant à charge) Plafond de RFR (3 enfants à charge)
Échelon 1 120 € 40 € 18 488 € 27 020 €
Échelon 2 336 € 112 € 9 993 € 14 606 €
Échelon 3 525 € 175 € 3 526 € 5 154 €

La prime à l’internat, le vrai complément à ne pas oublier

Un collégien boursier hébergé en internat perçoit automatiquement une prime supplémentaire, sans démarche additionnelle : 327 € par an à l’échelon 1, 396 € à l’échelon 2 et 465 € à l’échelon 3. Cette prime est versée en même temps que la bourse, selon le même rythme trimestriel, et elle change nettement la donne pour les familles éloignées d’un établissement adapté. Beaucoup de parents ignorent son existence parce qu’elle n’apparaît pas dans la notification initiale de bourse : elle est ajoutée une fois l’inscription en internat enregistrée par l’établissement. Si votre enfant change de régime en cours d’année, passant de demi-pensionnaire à interne, signalez-le sans attendre au secrétariat pour que la prime soit recalculée sur les trimestres restants.

Bourse de lycée 2026-2027 : six échelons et des montants nettement supérieurs

Le passage au lycée change complètement l’échelle de l’aide. Là où le collège plafonne à 525 € annuels, la bourse de lycée démarre à 504 € et grimpe jusqu’à 1 071 € pour l’échelon le plus élevé. Le barème comporte six échelons au lieu de trois, ce qui permet un ajustement bien plus fin aux ressources réelles du foyer. Sont concernés les élèves des lycées publics, des lycées privés sous contrat, des établissements agricoles relevant du ministère de l’Agriculture, ainsi que les inscrits au CNED en formation initiale. Les élèves de seconde, première et terminale y ont droit, comme ceux préparant un CAP ou un baccalauréat professionnel, y compris lorsqu’ils sont en apprentissage sous statut scolaire.

Échelon Montant annuel Par trimestre Plafond de RFR (1 enfant à charge)
Échelon 1 504 € 168 € 22 037 €
Échelon 2 621 € 207 € 17 445 €
Échelon 3 732 € 244 € 14 816 €
Échelon 4 843 € 281 € 11 949 €
Échelon 5 957 € 319 € 7 426 €
Échelon 6 1 071 € 357 € 2 902 €

Une précision qui évite bien des déconvenues : la bourse de lycée n’est pas reconduite tacitement d’un cycle à l’autre. Un élève boursier au collège ne le devient pas automatiquement au lycée, même si la situation financière de la famille n’a pas bougé d’un euro. Le passage de la troisième à la seconde impose donc, sauf consentement à l’examen automatique évoqué plus loin, de redéposer un dossier complet. C’est probablement la première cause de perte de droits constatée chaque automne dans les établissements. À l’inverse, une fois la bourse de lycée obtenue, elle est maintenue pour toute la durée de la scolarité au lycée, sous réserve d’une réévaluation en cas de changement notable de situation familiale ou de ressources.

Plafonds de ressources : quel revenu fiscal de référence retenir ?

Parents vérifiant leur avis d’impôt et leur revenu fiscal de référence
L’éligibilité se lit sur l’avis d’impôt 2026 portant sur les revenus 2025. Photo : Vodafone x Rankin everyone.connected / Pexels

Le curseur unique de l’éligibilité s’appelle le revenu fiscal de référence, ou RFR. Pour la rentrée 2026-2027, l’administration retient le RFR figurant sur l’avis d’impôt ou de non-imposition établi en 2026, c’est-à-dire celui qui porte sur les revenus perçus en 2025. Ce décalage de deux années surprend souvent les familles dont la situation s’est dégradée récemment : une perte d’emploi survenue au printemps 2026 n’apparaîtra dans le barème qu’à la rentrée 2027. Il existe heureusement une soupape, la demande de prise en compte des revenus de l’année en cours, que l’établissement peut transmettre aux services académiques lorsque la baisse de ressources est durable et justifiée par des pièces probantes. Cette procédure dérogatoire reste à l’appréciation du service, mais elle aboutit dans une majorité de dossiers correctement documentés.

Le second paramètre est le nombre d’enfants à charge au sens fiscal, et non le nombre d’enfants vivant sous le toit. Chaque enfant supplémentaire relève les plafonds de façon sensible : pour la bourse de collège, le seuil de l’échelon 1 passe de 18 488 € avec un enfant à 27 020 € avec trois enfants à charge, soit près de 8 500 € d’écart. Un enfant en situation de handicap reconnu ou un enfant majeur rattaché au foyer fiscal compte également. Concrètement, une famille de trois enfants dont le RFR 2025 s’élève à 26 000 € obtient l’échelon 1 pour son collégien, alors qu’un foyer avec un seul enfant et le même revenu se situe largement au-dessus du seuil. Il est donc inutile de renoncer à déposer un dossier sur la base d’une estimation approximative.

  • RFR retenu : celui de l’avis d’imposition 2026 sur les revenus 2025, ligne « revenu fiscal de référence ».
  • Enfants à charge : ceux rattachés au foyer fiscal du demandeur, enfants majeurs rattachés inclus.
  • Changement de situation : divorce, veuvage, perte d’emploi ou baisse durable de revenus peuvent justifier une prise en compte des revenus de l’année en cours.
  • Garde alternée : un seul des deux parents peut déposer la demande, celui qui déclare l’enfant à charge.
  • Concubinage : les ressources des deux concubins sont prises en compte dès lors qu’ils partagent le même foyer.

Comment faire la demande de bourse en 2026

Depuis la rentrée 2024, le ministère a instauré un examen automatique du droit à bourse. Au moment de l’inscription de leur enfant dans un collège ou un lycée public, les familles se voient proposer de consentir à ce que leur situation fiscale soit vérifiée directement auprès de l’administration fiscale. Ce consentement vaut demande de bourse et il est conservé pour les années suivantes : aucune démarche n’est à renouveler tant que l’enfant reste dans le même cycle. C’est le scénario le plus confortable, et il explique la hausse du nombre de boursiers observée depuis deux ans. Encore faut-il avoir coché la case au bon moment : en cas de doute, une vérification auprès du secrétariat de l’établissement coûte cinq minutes et évite de passer à côté d’une année entière de droits.

La démarche en ligne via EduConnect

Les parents qui n’ont pas opté pour l’examen automatique doivent déposer leur demande sur le portail Scolarité Services, accessible avec un compte EduConnect ou via FranceConnect. La procédure prend une dizaine de minutes : vous renseignez votre numéro fiscal et votre numéro d’avis d’imposition, le service récupère automatiquement votre RFR et votre nombre de parts, puis affiche immédiatement une estimation de l’échelon. Aucune pièce justificative n’est à téléverser lorsque la récupération fiscale fonctionne. Conservez le récapitulatif au format PDF généré en fin de parcours : c’est votre seule preuve de dépôt en cas de litige ultérieur avec l’établissement ou les services académiques. Pensez également à vérifier que le RIB enregistré est bien à jour, faute de quoi le premier versement sera bloqué.

Établissements privés, CNED et cas particuliers

Le téléservice ne couvre que les établissements publics. Si votre enfant est scolarisé dans un collège ou un lycée privé sous contrat, la demande se fait au format papier au moyen du formulaire Cerfa remis par l’établissement, accompagné de l’avis d’imposition et d’un relevé d’identité bancaire. Le dossier doit être déposé auprès du secrétariat, qui le transmet ensuite aux services académiques. Même logique pour les établissements agricoles privés et pour les maisons familiales rurales. Les élèves inscrits au CNED en formation initiale complète disposent d’un circuit dédié et, surtout, d’un délai allongé. Enfin, un élève arrivant de l’étranger en cours d’année peut déposer une demande hors campagne, l’ouverture du droit étant alors calculée au prorata des trimestres restants.

Dates à retenir pour la campagne 2026-2027

Événement Date Remarque
Ouverture de la campagne Dès la rentrée de septembre 2026 Portail Scolarité Services et formulaires papier
Date limite — collège et lycée, public et privé 15 octobre 2026 Aucune dérogation en cas de retard simple
Date limite — élèves inscrits au CNED 31 octobre 2026 Délai spécifique à l’enseignement à distance
Premier versement Fin décembre 2026 Un tiers du montant annuel
Deuxième versement Fin mars 2027 Un tiers du montant annuel
Troisième versement Fin juin 2027 Solde de la bourse

Les aides qui se cumulent avec la bourse

Lycéenne travaillant à son bureau, bénéficiaire d’une bourse de lycée
Bourse, fonds social et aides régionales peuvent se cumuler sur une même année scolaire. Photo : Kaboompics / Pexels

La bourse nationale n’est jamais un guichet unique. Elle se combine avec l’allocation de rentrée scolaire versée par la CAF, dont les plafonds et le calendrier obéissent à une logique complètement distincte : percevoir l’une n’empêche en rien de percevoir l’autre, et les deux aides ne se compensent pas. S’y ajoutent le fonds social collégien ou lycéen, une enveloppe gérée directement par le chef d’établissement pour couvrir des dépenses ponctuelles — cantine, sortie scolaire, équipement professionnel, transport — et le fonds social pour les cantines. Ces fonds sont attribués après examen individuel par une commission interne, sans barème national opposable, ce qui laisse une véritable marge de manœuvre à l’établissement. Une demande motivée adressée à l’assistante sociale scolaire aboutit bien plus souvent qu’on ne l’imagine.

Les lycéens de la voie professionnelle bénéficient en outre d’une prime d’équipement versée une seule fois, en début de formation, pour financer l’outillage ou la tenue exigée par la spécialité. Une bourse au mérite peut également compléter la bourse de lycée pour les élèves ayant obtenu une mention bien ou très bien au diplôme national du brevet. Enfin, les départements et les régions développent leurs propres dispositifs : aide au transport scolaire, chèques livres, dotation pour les manuels ou les ordinateurs portables. Ces aides locales sont rarement automatiques et leurs dates limites ne coïncident pas avec celle de la bourse nationale, d’où l’intérêt de consulter le site de votre collectivité dès le mois de septembre.

La bourse de collège ou de lycée n’est pas une aide réservée aux familles les plus modestes : avec trois enfants à charge, un revenu fiscal de référence de 27 000 € ouvre encore droit à l’échelon 1. Chaque année, des milliers de foyers éligibles ne déposent aucun dossier par simple méconnaissance des seuils.

Quatre erreurs qui font perdre la bourse

La première, et de loin la plus coûteuse, consiste à supposer que la bourse suit l’enfant du collège au lycée. Elle ne le fait pas : le changement de cycle exige une nouvelle demande, sauf consentement préalable à l’examen automatique. La deuxième tient au délai. Le 15 octobre est une date de forclusion, non une simple recommandation : un dossier déposé le 20 octobre est rejeté pour l’année entière, quelle que soit la situation de la famille. La troisième concerne le RIB : un compte clôturé ou un IBAN erroné bloque le versement et nécessite plusieurs semaines de régularisation. La quatrième, plus insidieuse, touche les familles séparées dont les deux parents déposent chacun un dossier pour le même enfant : le système détecte le doublon et suspend les deux demandes jusqu’à arbitrage.

Un cinquième réflexe mérite d’être signalé : la notification de refus n’est pas définitive. Vous disposez d’un délai de recours auprès des services académiques, et un refus fondé sur un RFR désormais obsolète peut être réexaminé. Les questions de charge d’enfant après une séparation se règlent d’ailleurs souvent en amont, au moment de la rédaction de la convention : c’est le même raisonnement que celui exposé dans notre article sur le financement des études supérieures après un divorce parental. Enfin, si votre enfant poursuit ensuite dans l’enseignement supérieur, le relais est pris par les bourses du CROUS et, pour le logement, par l’APL étudiant, dont les règles n’ont rien à voir avec celles du second degré.

Le conseil de la rédaction

Déposez le dossier même si vous pensez dépasser les plafonds. Le calcul repose sur le revenu fiscal de référence et non sur le salaire net, et ces deux montants diffèrent souvent de plusieurs milliers d’euros après abattements et déductions. Une demande refusée ne coûte rien et prend dix minutes ; une demande non déposée coûte jusqu’à 1 071 € par an au lycée. Et si votre situation s’est dégradée depuis 2025, joignez dès le dépôt une lettre expliquant la baisse de ressources avec les justificatifs correspondants : c’est en amont, et non après le refus, que cette demande a le plus de chances d’aboutir.

Questions fréquentes sur la bourse des collèges et des lycées

La bourse est-elle imposable ?

Non. Les bourses nationales d’études du second degré, la prime à l’internat et la prime d’équipement sont exonérées d’impôt sur le revenu. Elles n’ont pas à être reportées sur la déclaration et n’entrent pas dans le calcul du revenu fiscal de référence de l’année suivante. Même logique pour l’allocation de rentrée scolaire et pour les aides du fonds social.

Puis-je cumuler la bourse avec l’allocation de rentrée scolaire ?

Oui, sans aucune restriction. Les deux aides relèvent d’organismes différents, l’Éducation nationale d’un côté et la caisse d’allocations familiales de l’autre, avec des barèmes, des plafonds et des calendriers indépendants. Percevoir l’ARS au mois d’août ne réduit en rien le montant de la bourse versée à partir de décembre.

Que se passe-t-il si mon enfant change d’établissement en cours d’année ?

Le droit à bourse est attaché à l’élève, pas à l’établissement. Le dossier est transféré au nouveau collège ou lycée et le versement reprend normalement au trimestre suivant. Signalez toutefois le changement par écrit aux deux établissements afin d’éviter une interruption technique du paiement.

Quand exactement l’argent arrive-t-il sur le compte ?

Les versements interviennent à la fin de chaque trimestre scolaire, soit approximativement fin décembre, fin mars et fin juin. Les dates précises varient de quelques jours selon les académies et les établissements. Ce calendrier n’a rien à voir avec celui des prestations familiales, détaillé dans notre guide du calendrier de paiement de la CAF.

Un redoublement fait-il perdre la bourse ?

Non. La bourse du second degré est une aide sociale, sans condition de résultat scolaire ni d’assiduité minimale au sens académique. Un redoublement ne remet donc pas en cause le droit acquis. En revanche, une sortie du système scolaire ou un passage en apprentissage sous contrat de travail mettent fin au versement.

Cet article a une vocation strictement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les montants et plafonds indiqués correspondent au barème publié pour l’année scolaire 2026-2027 et peuvent être ajustés par arrêté. Pour toute situation particulière, rapprochez-vous du secrétariat de l’établissement, de l’assistante sociale scolaire ou des services de la direction des services départementaux de l’Éducation nationale.

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