La pension de réversion concerne aujourd’hui plus de quatre millions de personnes en France, dont une très large majorité de femmes. Derrière ce terme administratif se cache un mécanisme simple dans son principe : au décès d’un assuré, une fraction de sa retraite est reversée à son conjoint survivant. Dans les faits, le dispositif est tout sauf uniforme. Chaque régime applique ses propres règles d’âge, de taux et de conditions de ressources, et il n’est pas rare qu’un même veuf ou une même veuve perçoive deux ou trois réversions distinctes, calculées selon trois logiques différentes. Au 1er janvier 2026, la revalorisation de 0,9 % des pensions de base a mécaniquement relevé les plafonds de ressources et les montants planchers. Voici, régime par régime, ce à quoi vous pouvez prétendre cette année.
Nous passons en revue les conditions d’attribution, le calcul du montant, les majorations trop souvent oubliées, le sort réservé aux ex-conjoints divorcés, les droits des orphelins, puis la marche à suivre pour déposer votre demande sans perdre de mensualités. Un dernier chapitre fait le point sur la réforme de la réversion actuellement à l’étude, qui pourrait rebattre les cartes à l’horizon 2027. Les montants cités correspondent aux valeurs applicables en 2026 ; ils sont réévalués chaque année et doivent toujours être confrontés à votre situation personnelle avant toute décision.
Pension de réversion : de quoi parle-t-on exactement ?
La réversion n’est pas une aide sociale, ni un capital décès, ni une assurance. C’est un droit dérivé : vous ne percevez pas votre propre retraite, mais une partie de celle que votre conjoint décédé avait acquise ou aurait pu acquérir. Cette nuance a des conséquences très concrètes. Elle explique pourquoi la réversion peut être versée alors même que le défunt n’était pas encore parti à la retraite, pourquoi elle est imposable comme une pension de retraite classique, et pourquoi elle se calcule à partir de la carrière du défunt et non de la vôtre. Elle explique aussi pourquoi le mariage reste la porte d’entrée quasi exclusive du dispositif dans tous les régimes français.
Deuxième point structurant : il n’existe pas une pension de réversion, mais autant de réversions que de régimes auxquels le défunt a cotisé. Un salarié du privé ouvre des droits au régime général de l’Assurance retraite et à l’Agirc-Arrco. Un fonctionnaire ouvre des droits auprès du Service des retraites de l’État ou de la CNRACL. Un artisan, un commerçant, un exploitant agricole ou un professionnel libéral relèvent encore d’autres caisses. Chacune applique son taux, son âge d’ouverture et sa propre appréciation des ressources. C’est la principale source d’erreur des dossiers : on obtient la réversion de base, on oublie la complémentaire, et l’on renonce sans le savoir à plusieurs centaines d’euros par an.
Qui peut prétendre à la pension de réversion en 2026 ?
La condition de mariage, incontournable
Le mariage est la condition première et non négociable dans l’ensemble des régimes obligatoires. Ni le Pacs, ni le concubinage, même de très longue durée et même avec des enfants communs, n’ouvrent droit à réversion. Cette règle est régulièrement contestée devant les juridictions et fait l’objet de propositions de loi récurrentes, mais elle demeure le droit positif en 2026. Point important en revanche : aucune durée minimale de mariage n’est exigée au régime général. Un mariage célébré quelques mois avant le décès suffit à ouvrir le droit. La fonction publique est plus restrictive et exige, sauf exceptions liées aux enfants, une durée de mariage d’au moins quatre ans, ou un mariage contracté au moins deux ans avant le départ à la retraite du fonctionnaire.
La condition d’âge selon les régimes
Au régime général des salariés, ainsi que dans la plupart des régimes alignés, le conjoint survivant doit avoir au moins 55 ans à la date d’effet de la réversion. En dessous de cet âge, la demande est simplement rejetée, mais le droit n’est pas perdu : il suffira de la redéposer une fois l’anniversaire atteint. L’Agirc-Arrco applique le même seuil de 55 ans, avec une dérogation notable : la condition d’âge disparaît si le conjoint survivant a au moins deux enfants à charge au moment du décès, ou s’il est reconnu invalide. La fonction publique, elle, ne pose aucune condition d’âge : un veuf de 40 ans perçoit sa réversion immédiatement, sans attendre.
La condition de ressources et les plafonds 2026
C’est le point qui bloque le plus grand nombre de dossiers. Le régime général subordonne la réversion à un plafond annuel de ressources, revalorisé chaque année en fonction du Smic. Les ressources prises en compte sont celles des trois mois précédant la demande, portées en base annuelle ; si le plafond est dépassé, la caisse examine alors les douze mois précédents, ce qui sauve un nombre significatif de dossiers. Sont retenus les salaires, les revenus de remplacement, les retraites personnelles et les revenus des biens mobiliers et immobiliers, mais pas la valeur du logement principal ni les biens issus de la communauté ou reçus du défunt.
| Situation du demandeur | Plafond annuel de ressources 2026 | Équivalent mensuel |
|---|---|---|
| Personne seule (veuf ou veuve non remarié) | 25 001,60 € | environ 2 083 € |
| Couple (remariage, Pacs ou concubinage) | 40 002,56 € | environ 3 334 € |
| Base de calcul | 2 080 fois le Smic horaire | coefficient de 1,6 pour le couple |
| Revalorisation appliquée au 1er janvier 2026 | + 0,9 % | alignée sur les pensions de base |
Deux conséquences pratiques méritent d’être soulignées. D’abord, un remariage ne supprime pas le droit à la réversion du régime général, contrairement à une idée très répandue : il fait seulement basculer le demandeur sur le plafond « couple », qui intègre les ressources du nouveau conjoint. Ensuite, la réversion du régime général est révisable. Si vos revenus augmentent, par exemple lorsque vous liquidez votre propre retraite, la caisse recalcule et peut réduire, voire suspendre le versement. Ce réexamen cesse d’être possible trois mois après la date à laquelle vous êtes titulaire de l’ensemble de vos pensions personnelles : le montant est alors cristallisé définitivement.

Combien allez-vous toucher ? Le calcul régime par régime
Le régime général : 54 % de la retraite du défunt
La réversion de base représente 54 % de la retraite que percevait le défunt, ou de celle qu’il aurait perçue s’il était décédé avant sa liquidation. Ce pourcentage s’applique à la pension brute, avant majorations pour enfants. Le résultat est ensuite encadré par un plancher et un plafond. Le montant minimum s’établit à 334,92 € par mois en 2026, soit 4 019,13 € sur l’année, à condition que le défunt ait validé au moins 60 trimestres, c’est-à-dire quinze années, au régime général. En dessous de ce seuil de durée, le minimum est proratisé au nombre de trimestres réellement acquis. Le montant maximum atteint quant à lui 1 081,35 € par mois, soit 54 % de la pension maximale du régime général.
L’Agirc-Arrco : 60 % sans condition de ressources
La retraite complémentaire des salariés du privé applique un taux nettement plus favorable : 60 % des points accumulés par le défunt, et surtout aucune condition de ressources. Pour beaucoup de veufs disposant de revenus moyens, la réversion complémentaire constitue donc l’essentiel de ce qui sera effectivement perçu, tandis que la réversion de base est écrêtée ou refusée. La valeur de service du point Agirc-Arrco reste fixée à 1,4386 € en 2026, les partenaires sociaux ayant reporté leur décision de revalorisation à l’automne. Attention toutefois : contrairement au régime général, l’Agirc-Arrco supprime définitivement le droit à réversion en cas de remariage du conjoint survivant. Un Pacs ou un concubinage, en revanche, sont sans effet.
La fonction publique : 50 % sans plafond de revenus
Les régimes de la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière retiennent un taux de 50 % de la pension du fonctionnaire décédé. Ni condition d’âge, ni condition de ressources : la réversion est due dès le décès, quel que soit l’âge du survivant et quels que soient ses revenus. La contrepartie tient dans les conditions de mariage évoquées plus haut, plus exigeantes qu’ailleurs, et dans la suppression du droit en cas de remariage, de Pacs ou de concubinage notoire. La réversion peut toutefois être rétablie si cette nouvelle union prend fin. Un même dossier peut donc combiner trois taux différents : 54 %, 60 % et 50 %, selon la carrière du défunt.
| Régime | Taux de réversion | Âge minimum | Condition de ressources | Effet du remariage |
|---|---|---|---|---|
| Régime général (Assurance retraite) | 54 % | 55 ans | Oui, 25 001,60 € en 2026 | Droit maintenu, plafond couple |
| Agirc-Arrco (complémentaire privé) | 60 % | 55 ans, sauf enfants à charge ou invalidité | Non | Droit supprimé |
| Fonction publique (SRE, CNRACL) | 50 % | Aucun | Non | Droit suspendu, rétablissable |
| Sécurité sociale des indépendants | 54 % | 55 ans | Oui, mêmes plafonds | Droit maintenu, plafond couple |
| MSA salariés et non-salariés agricoles | 54 % | 55 ans | Oui, mêmes plafonds | Droit maintenu, plafond couple |
La réversion complémentaire est le grand oublié des dossiers de succession. Beaucoup de conjoints survivants déclarent à l’Assurance retraite, obtiennent un refus lié aux ressources, et en concluent qu’ils n’ont droit à rien. Or l’Agirc-Arrco, qui ne regarde pas les revenus, leur devait 60 % des points du défunt.

Les majorations qui augmentent la pension de réversion
Le taux de 54 % n’est pas toujours le dernier mot. Trois majorations peuvent venir s’y ajouter, et elles sont régulièrement ignorées par les bénéficiaires eux-mêmes. La première est la majoration pour enfants : la réversion est augmentée de 10 % si le couple a élevé au moins trois enfants pendant neuf ans avant leur seizième anniversaire. Cette majoration est due au régime général comme à l’Agirc-Arrco, et elle n’entre pas dans le calcul du plafond de ressources. La deuxième est la majoration forfaitaire pour enfant à charge, versée tant que le survivant a au moins un enfant de moins de 16 ans, ou de moins de 21 ans s’il poursuit des études ou est en apprentissage.
La troisième majoration est la plus méconnue et la plus utile aux petits dossiers. Depuis 2010, les titulaires d’une réversion modeste peuvent bénéficier d’une majoration de 11,1 % du montant de leur pension. Trois conditions cumulatives s’appliquent : avoir atteint l’âge du taux plein automatique, soit 67 ans, avoir liquidé l’intégralité de ses retraites personnelles, et ne pas dépasser un plafond spécifique portant sur le total des pensions perçues, tous régimes confondus. Cette majoration n’est pas automatique dans tous les cas de figure : lorsqu’elle ne s’applique pas d’office, il faut la demander expressément à sa caisse, courrier à l’appui.
- Majoration pour trois enfants et plus : + 10 % de la réversion, au régime général comme à l’Agirc-Arrco, hors calcul du plafond de ressources.
- Majoration forfaitaire pour enfant à charge : versée jusqu’aux 16 ans de l’enfant, ou 21 ans en cas d’études, d’apprentissage ou d’invalidité.
- Majoration de 11,1 % pour les petites réversions : à partir de 67 ans, après liquidation de toutes ses retraites personnelles et sous plafond spécifique.
- Allocation veuvage : aide temporaire distincte de la réversion, destinée aux conjoints survivants de moins de 55 ans aux ressources très modestes, versée pendant deux ans au maximum.
- Allocation de solidarité aux personnes âgées : complément possible à partir de 65 ans si le total des ressources reste inférieur au minimum vieillesse.
Ce dernier point mérite une attention particulière. Lorsque la réversion, même majorée, laisse le survivant sous le seuil du minimum vieillesse, l’Aspa peut prendre le relais. Elle obéit à ses propres règles, notamment une récupération possible sur la succession au-delà d’un certain actif net, et elle doit être déclarée aux organismes sociaux. Nous détaillons ces obligations déclaratives dans notre article consacré à la question Faut-il déclarer l’Aspa à la CAF en 2026. Ne négligez pas non plus l’interaction avec les autres prestations : une réversion modifie votre revenu fiscal de référence et peut donc rebattre les cartes de vos droits à la complémentaire santé solidaire.
Divorce, remariage, mariages successifs : qui touche quoi ?
Le divorce ne fait pas disparaître le droit à la réversion, contrairement à ce que beaucoup d’ex-époux imaginent. Un conjoint divorcé conserve la qualité d’ayant droit et peut donc demander la réversion au décès de son ancien époux, même si le divorce remonte à trente ans, même s’il a été prononcé à ses torts, et même si les deux ex-époux ne s’étaient plus parlé depuis. La seule chose qui compte est l’existence du mariage et sa durée. Il faut naturellement remplir par ailleurs les conditions d’âge et de ressources propres à chaque régime. Cette règle explique qu’un dossier de réversion puisse être ouvert par une personne dont la famille du défunt ignore jusqu’à l’existence.
Lorsque le défunt s’est marié plusieurs fois, la réversion est partagée entre le conjoint survivant et le ou les ex-conjoints, au prorata de la durée respective de chaque mariage. Le calcul est purement arithmétique : un mariage de dix ans suivi d’un mariage de trente ans donne un partage à hauteur de 25 % et 75 %. La part de chacun est figée, sauf décès de l’un des bénéficiaires : sa fraction est alors redistribuée entre les survivants. À l’Agirc-Arrco, le même principe de proratisation s’applique. Une précaution s’impose : si vous ignorez l’existence d’un précédent mariage, la caisse la découvrira lors de l’instruction et pourra vous réclamer un trop-perçu plusieurs années après.
Rente et pension d’orphelin : les droits des enfants
Le décès d’un parent peut aussi ouvrir des droits directs aux enfants, selon un mécanisme distinct de la réversion du conjoint. L’Agirc-Arrco verse une rente d’orphelin aux enfants âgés de moins de 21 ans à la date du décès du dernier parent, ou de moins de 25 ans s’ils étaient à sa charge à ce moment-là. Les enfants reconnus invalides avant leur vingt et unième anniversaire peuvent la percevoir sans limite d’âge. Dans la fonction publique, la logique diffère : une pension d’orphelin égale à 10 % de la pension du fonctionnaire décédé est versée à chaque enfant jusqu’à son vingt et unième anniversaire, et elle se cumule avec la réversion du conjoint.
Ces droits ne sont jamais servis automatiquement. Ils supposent une demande explicite, accompagnée des actes de naissance et, le cas échéant, des justificatifs de scolarité ou de reconnaissance d’invalidité. Le régime général, lui, ne connaît pas de pension d’orphelin : il ne prévoit que la majoration forfaitaire pour enfant à charge accordée au conjoint survivant. Cette différence de traitement entre secteur privé et secteur public fait partie des points que la réflexion en cours sur l’harmonisation des droits familiaux pourrait faire évoluer, sans qu’aucun calendrier n’ait été arrêté à ce stade.

Comment demander sa pension de réversion en 2026 ?
La réversion n’est jamais attribuée d’office. Aucune caisse ne prendra l’initiative de vous écrire après le décès : c’est à vous d’engager la démarche, et le retard se paie comptant. Si vous déposez votre demande dans les douze mois suivant le décès, la réversion prend effet au premier jour du mois suivant celui-ci. Passé ce délai d’un an, elle ne démarre qu’au premier jour du mois suivant le dépôt du dossier, et les mensualités perdues le sont définitivement. Sur une réversion de 600 € par mois, deux ans de retard représentent plus de 14 000 € dont personne ne vous rendra compte.
Depuis plusieurs années, une demande unique de réversion permet de saisir en une seule fois l’ensemble des régimes de base et complémentaires auxquels le défunt a cotisé. Elle se remplit en ligne sur le portail inter-régimes info-retraite.fr, dans la rubrique dédiée, ou sur formulaire papier via le Cerfa correspondant. C’est de loin la voie à privilégier : elle évite précisément l’oubli des complémentaires. Attention toutefois, la fonction publique reste à part et requiert une demande distincte auprès du Service des retraites de l’État ou de la CNRACL, avec ses propres imprimés selon que l’agent était en activité ou déjà retraité au moment du décès.
- Acte de décès intégral du conjoint et copie intégrale de son acte de naissance.
- Livret de famille complet, y compris les mentions de divorce et de mariages antérieurs.
- Vos deux derniers avis d’imposition et vos bulletins de salaire ou de pension des douze derniers mois.
- Relevé d’identité bancaire à votre nom et justificatif de domicile récent.
- Justificatifs des enfants élevés ou à charge, si vous demandez les majorations.
Le conseil de la rédaction
Déposez votre demande de réversion dès le deuxième mois suivant le décès, même si votre dossier est incomplet et même si vous pensez dépasser le plafond de ressources. Deux raisons à cela. D’une part, la date de dépôt fige la rétroactivité : une caisse acceptera toujours des pièces complémentaires, jamais de rattraper douze mois perdus. D’autre part, un refus au régime général n’empêche nullement l’accord de l’Agirc-Arrco, qui ne regarde pas vos revenus. Enfin, si vos ressources baissent par la suite, par exemple à la cessation de votre activité, redemandez la réversion : le droit se réexamine et un refus initial n’est jamais définitif.
Réforme de la réversion : ce qui pourrait changer
La coexistence de treize règles différentes selon les régimes nourrit depuis longtemps un projet d’harmonisation. Le Conseil d’orientation des retraites travaille sur l’hypothèse d’un taux unique de réversion, situé dans une fourchette comprise entre 50 % et 60 %, qui s’appliquerait indifféremment aux régimes de base et complémentaires. Deux corollaires sont étudiés : l’extension d’une condition de ressources aux régimes qui n’en pratiquent pas, au premier rang desquels l’Agirc-Arrco, et l’alignement des âges d’ouverture. Aucune décision n’a été arrêtée à ce jour, et aucun texte n’a été voté : ces travaux relevent encore de l’expertise préparatoire.
Il faut mesurer ce que signifierait une telle réforme pour les dossiers réels. Un cadre du privé dont la retraite complémentaire représente la moitié de sa pension totale verrait la réversion de son conjoint passer de 60 % à 50 % sur cette fraction, tout en devenant soumise à un plafond de ressources qui pourrait l’annuler purement et simplement. À l’inverse, les conjoints de salariés modestes, aujourd’hui bloqués par le plafond du régime général, seraient mécaniquement gagnants si le taux unique était fixé dans le haut de la fourchette. En l’état, les règles décrites dans cet article restent celles applicables en 2026 : aucune anticipation ne s’impose.
Une dernière observation s’impose sur la fiscalité. La pension de réversion est imposable à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des pensions et retraites, après l’abattement de 10 %. Elle est soumise à la CSG, à la CRDS et à la Casa, aux taux applicables selon votre revenu fiscal de référence, avec exonération ou taux réduit pour les revenus modestes. Elle entre aussi dans l’assiette du prélèvement à la source, ce qui suppose de vérifier votre taux après la première mensualité pour éviter une régularisation désagréable l’année suivante.
Questions fréquentes sur la pension de réversion
Peut-on cumuler sa propre retraite et une pension de réversion ?
Oui, le cumul est possible et même très courant. Votre retraite personnelle ne fait pas obstacle à la réversion, mais elle entre dans les ressources examinées par le régime général et peut donc réduire, voire annuler la part de base. La réversion Agirc-Arrco et celle de la fonction publique se cumulent en revanche intégralement avec vos pensions personnelles, sans aucun écrêtement.
La pension de réversion est-elle versée à vie ?
Au régime général, elle est versée à vie une fois le montant cristallisé, c’est-à-dire trois mois après la liquidation de l’ensemble de vos retraites personnelles. Avant cette cristallisation, elle reste révisable à la hausse comme à la baisse. À l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique, le versement peut cesser définitivement ou temporairement en cas de remariage.
Que se passe-t-il si mes ressources dépassent le plafond ?
La caisse ne refuse pas systématiquement : elle applique d’abord un écrêtement. Votre réversion est réduite du montant du dépassement, de sorte que le total de vos ressources égale exactement le plafond. Le refus pur et simple n’intervient que lorsque vos ressources dépassent déjà le plafond avant même l’ajout de la réversion. Une baisse ultérieure de revenus justifie toujours une nouvelle demande.
Un partenaire de Pacs peut-il obtenir une réversion ?
Non. En 2026, aucun régime de retraite obligatoire français n’ouvre la réversion aux partenaires de Pacs ni aux concubins. Seuls les contrats de prévoyance privée ou certaines rentes issues d’un plan d’épargne retraite peuvent désigner librement un bénéficiaire, ce qui constitue souvent la seule protection possible pour les couples non mariés.
Le RSA ou l’AAH sont-ils compatibles avec une réversion ?
La réversion est une ressource prise en compte pour le calcul du RSA et pour l’appréciation des droits à l’AAH. Elle vient donc en déduction de ces prestations différentielles, sans les supprimer automatiquement. Nous détaillons ces articulations dans nos analyses du RSA lorsque le conjoint est à la retraite et du basculement de l’AAH vers la retraite.
Combien de temps la caisse met-elle à répondre ?
Comptez en moyenne quatre à six mois entre le dépôt d’un dossier complet et le premier versement, davantage lorsque plusieurs régimes sont concernés ou que le défunt a eu une carrière éclatée. Les sommes dues depuis la date d’effet vous sont versées rétroactivement en un seul rappel, ce qui peut créer un pic de revenu imposable l’année concernée.
En résumé
La pension de réversion 2026 obéit à trois logiques distinctes : 54 % sous condition d’âge et de ressources au régime général, avec des plafonds portés à 25 001,60 € pour une personne seule et 40 002,56 € pour un couple ; 60 % sans condition de ressources à l’Agirc-Arrco ; 50 % sans condition d’âge ni de ressources dans la fonction publique. Le réflexe le plus rentable consiste à déposer la demande unique dans les douze mois du décès, à solliciter systématiquement les complémentaires même après un refus au régime de base, et à vérifier son éligibilité aux majorations, en particulier celle de 11,1 % à partir de 67 ans.
Cet article est fourni à titre informatif et reflète la réglementation connue à sa date de publication. Les montants et plafonds sont revalorisés chaque année et les règles varient selon les régimes. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : rapprochez-vous de votre caisse de retraite, d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine avant toute décision engageant votre situation.

Baptiste rédige des articles consacrés à la fiscalité, à l’épargne et aux mécanismes d’optimisation prévus par la réglementation. Son approche repose sur l’analyse des règles fiscales et leur mise en perspective concrète, afin d’aider les lecteurs à mieux appréhender leur situation et leurs obligations.

