Signature d'un contrat d'assurance-vie sur un bureau

Transférer son assurance-vie en 2026 : ce qui est possible et ce qui ne l’est pas

Vous détenez un contrat d’assurance-vie ouvert il y a quinze ans, chargé en frais, investi à 100 % sur un fonds en euros dont le rendement vous déçoit, et vous aimeriez le faire migrer vers un contrat moderne sans perdre son ancienneté. Le transfert d’assurance-vie répond en partie à cette attente, mais pas totalement. Depuis l’amendement Fourgous de 2005, puis la loi Pacte de 2019, la réglementation autorise le transfert d’un contrat vers un autre contrat détenu chez le même assureur, en conservant l’antériorité fiscale acquise. Changer purement et simplement de compagnie, en revanche, reste impossible sans racheter votre contrat. Nous faisons le point complet sur ce qui est autorisé en 2026, sur le coût réel de chaque option et sur la manière de procéder concrètement.

Pourquoi tant d’épargnants veulent transférer leur assurance-vie

Les motivations sont presque toujours les mêmes. Le contrat historique, souscrit en agence bancaire au début des années 2000 ou 2010, supporte des frais de versement de 3 % à 5 %, des frais de gestion de 0,90 % à 1 % par an sur le fonds en euros, et ne donne accès qu’à une poignée d’unités de compte maison. En face, les contrats distribués en ligne affichent 0 % de frais d’entrée, environ 0,50 % à 0,60 % de frais de gestion et plusieurs centaines de supports, dont des ETF à frais réduits. Sur un capital de 100 000 € placé vingt ans, un écart de 0,40 point de frais annuels représente plusieurs milliers d’euros de manque à gagner. L’autre motivation classique est structurelle : sortir d’un contrat monosupport, entièrement investi en fonds en euros, pour diversifier une partie de l’épargne.

À cela s’ajoute une considération plus discrète mais décisive : personne ne veut remettre le compteur des huit ans à zéro. C’est précisément ce point qui rend la question du transfert si sensible, et qui explique pourquoi tant d’épargnants conservent, par inertie, un contrat qu’ils jugent médiocre. Avant d’engager quoi que ce soit, il est donc utile de chiffrer précisément ce que vous coûte réellement votre contrat actuel : notre article sur tous les frais en assurance-vie et la manière de les calculer détaille les différentes couches de prélèvements, souvent mal comprises car réparties entre le contrat, les supports et l’éventuel mandat de gestion.

Calculatrice et relevés d'épargne pour chiffrer le coût d'un rachat d'assurance-vie
Chiffrer les frais du contrat actuel avant d’envisager le moindre transfert — Photo : Kaboompics / Pexels

L’antériorité fiscale : le vrai enjeu du transfert

Toute la mécanique du transfert tourne autour d’une seule notion : la date d’ouverture du contrat. En assurance-vie, l’imposition ne porte jamais sur le capital retiré, mais uniquement sur la part de gains contenue dans le rachat. Et le régime applicable à ces gains dépend de l’ancienneté du contrat au jour du retrait. Avant huit ans, les produits sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total. Après huit ans, deux avantages majeurs se déclenchent : un abattement annuel sur les gains et un taux réduit d’impôt sur le revenu.

Fiscalité des gains en cas de rachat sur un contrat d’assurance-vie (règles en vigueur en 2026)
Ancienneté du contrat Impôt sur le revenu Prélèvements sociaux Abattement annuel sur les gains
Moins de 8 ans PFU de 12,8 % (ou barème sur option) 17,2 % Aucun
Plus de 8 ans, primes totales < 150 000 € 7,5 % (ou barème sur option) 17,2 % 4 600 € seul / 9 200 € couple
Plus de 8 ans, fraction des primes > 150 000 € 12,8 % sur la fraction concernée 17,2 % 4 600 € seul / 9 200 € couple

Une précision qui échappe à beaucoup d’épargnants : l’abattement de 4 600 € pour une personne seule, porté à 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, ne neutralise que l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dès le premier euro de gain, sans exception. Le seuil de 150 000 € s’apprécie quant à lui sur l’ensemble des primes versées par l’assuré, tous contrats confondus, nettes des rachats déjà effectués, et non contrat par contrat. Pour aller plus loin sur le choix entre prélèvement forfaitaire et barème progressif, consultez notre analyse dédiée à l’assurance-vie face à la flat tax sur les rachats.

Perdre cette antériorité, c’est donc renoncer à un actif fiscal qui a mis huit ans à se constituer. Un contrat de 2009 arrivé à maturité permet de retirer chaque année plusieurs milliers d’euros de plus-values en ne payant que les prélèvements sociaux. Le racheter pour en ouvrir un autre revient à repartir de zéro et à s’interdire tout retrait fiscalement optimisé jusqu’en 2034. C’est cette asymétrie que les dispositifs de transfert cherchent à corriger, sans pour autant ouvrir la porte à une portabilité totale entre compagnies.

L’amendement Fourgous : le premier assouplissement, en 2005

Adopté en 2005 dans le cadre de la loi Breton, l’amendement porté par le député Jean-Michel Fourgous a créé la première brèche. Il autorise la transformation d’un contrat monosupport, c’est-à-dire investi à 100 % en fonds en euros, en un contrat multisupport, sans que cette opération soit fiscalement traitée comme un dénouement. L’ancienneté du contrat d’origine est intégralement conservée, ainsi que la date des versements pour l’application des règles successorales liées à l’âge de 70 ans. En contrepartie, le législateur imposait une condition d’orientation de l’épargne : au moins 20 % du capital transféré devait être investi en unités de compte, donc sur des supports non garantis en capital.

Cette contrainte des 20 % a longtemps freiné les épargnants prudents, peu enclins à exposer un cinquième de leur épargne aux marchés financiers pour la seule raison d’accéder à un contrat plus souple. Elle explique en grande partie le succès mitigé du dispositif pendant une quinzaine d’années. L’amendement Fourgous n’a jamais été abrogé et demeure applicable en 2026, mais il est aujourd’hui largement supplanté par le régime issu de la loi Pacte, plus souple. Il conserve toutefois un intérêt résiduel dans certaines configurations contractuelles anciennes, notamment lorsque l’assureur propose une transformation Fourgous assortie d’une bonification de rendement sur le fonds en euros.

La loi Pacte de 2019 : le transfert élargi, mais toujours chez le même assureur

La loi relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte, promulguée le 22 mai 2019, a considérablement élargi le champ du transfert. Trois évolutions majeures méritent d’être retenues. D’abord, l’obligation d’investir 20 % en unités de compte disparaît : la répartition entre fonds en euros et supports en unités de compte redevient entièrement libre après le transfert. Ensuite, le dispositif ne se limite plus aux contrats monosupports : un contrat multisupport peut désormais être transféré vers un autre contrat multisupport. Enfin, le transfert peut viser un contrat de nature différente, y compris un plan d’épargne retraite ou un contrat de capitalisation, dans les conditions propres à chaque produit.

Amendement Fourgous et loi Pacte : ce qui les distingue en 2026
Critère Amendement Fourgous (2005) Loi Pacte (2019)
Contrat de départ Monosupport en euros uniquement Tout contrat, y compris multisupport
Part minimale en unités de compte 20 % du capital transféré Aucune, répartition libre
Conservation de l’antériorité fiscale Oui Oui
Changement d’assureur Non Non
Transfert partiel Non, transformation totale Possible selon les assureurs
Statut en 2026 Toujours en vigueur Régime de référence

Le point de blocage n’a en revanche pas bougé d’un iota. Le transfert reste enfermé dans le périmètre d’une même compagnie d’assurance, ou plus exactement d’une même entreprise d’assurance au sens juridique. Vous pouvez donc quitter le contrat vieillissant d’un assureur pour son contrat internet moderne, à condition que les deux soient portés par la même entité. Vous ne pouvez pas transporter votre contrat d’une compagnie vers une autre. Cette limite, régulièrement critiquée par les associations d’épargnants qui réclament une portabilité comparable à celle du plan d’épargne en actions ou du plan d’épargne retraite, résiste à toutes les tentatives d’assouplissement depuis 2019.

Rendez-vous avec un conseiller pour demander un transfert de contrat
Le transfert reste une démarche contractuelle : l’assureur n’est pas obligé de l’accepter — Photo : Kampus Production / Pexels

Changer d’assureur : la seule voie reste le rachat

Si le contrat que vous convoitez est distribué par une compagnie différente de la vôtre, aucun mécanisme légal ne permet le transfert. Il faut alors procéder à un rachat, total ou partiel, puis reverser les sommes sur le nouveau contrat. Fiscalement, l’opération est traitée comme n’importe quel retrait : la part de gains contenue dans le rachat est imposée selon le tableau présenté plus haut, et le nouveau contrat démarre avec une ancienneté nulle. C’est une décision qui se chiffre, et qui ne se prend pas sur la seule comparaison des frais affichés.

Prenons un exemple concret. Vous détenez un contrat ouvert en 2012, valorisé 80 000 €, dont 20 000 € de plus-values, et vous êtes célibataire. Un rachat total génère 20 000 € de gains imposables. L’abattement de 4 600 € ramène la base soumise à l’impôt sur le revenu à 15 400 €, taxée à 7,5 %, soit 1 155 €. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent aux 20 000 € entiers, soit 3 440 €. La facture totale atteint 4 595 €, à laquelle s’ajoute la perte de l’antériorité. Face à cela, une économie de frais de 0,40 % par an sur 80 000 € représente 320 € la première année. Le retour sur investissement demande donc une bonne dizaine d’années, sans compter l’effet de la capitalisation perdue sur l’impôt payé immédiatement.

Les leviers pour amortir le coût d’un rachat

  • Étaler le rachat sur plusieurs années civiles afin d’utiliser l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € à chaque exercice, ce qui peut annuler totalement l’impôt sur le revenu.
  • Programmer le premier retrait en fin d’année et le second en début d’année suivante, pour mobiliser deux abattements en quelques semaines d’intervalle.
  • Conserver l’ancien contrat avec un solde résiduel symbolique, souvent quelques centaines d’euros, afin de préserver sa date d’ouverture pour l’avenir.
  • Alimenter en parallèle le nouveau contrat par des versements neufs, pour faire courir son horloge fiscale sans attendre.
  • Vérifier si l’assureur actuel ne dispose pas, dans sa gamme, d’un contrat récent éligible au transfert Pacte, ce qui rendrait le rachat inutile.

Un contrat d’assurance-vie ne se juge pas seulement à ses frais affichés. L’antériorité fiscale acquise est un actif silencieux qui ne figure sur aucun relevé, mais qui vaut souvent plusieurs milliers d’euros au moment où l’épargnant décide enfin de retirer son capital.

Transférer une assurance-vie vers un PER : le dispositif est clos

Beaucoup d’épargnants nous interrogent encore sur la possibilité de basculer une assurance-vie vers un plan d’épargne retraite avec un avantage fiscal renforcé. Ce dispositif a bien existé, mais il appartient au passé. Instauré par la loi Pacte, il permettait, jusqu’au 31 décembre 2022, de racheter un contrat d’assurance-vie de plus de huit ans et de reverser les sommes sur un PER individuel avant la fin de la même année civile, en bénéficiant d’abattements doublés, soit 9 200 € pour une personne seule et 18 400 € pour un couple. Une condition d’âge s’y ajoutait : être à plus de cinq ans de l’âge légal de départ à la retraite. Depuis le 1er janvier 2023, ce doublement n’existe plus.

En 2026, la logique reste néanmoins actionnable, à intensité réduite. Rien n’interdit de réaliser un rachat sur votre assurance-vie de plus de huit ans dans la limite de l’abattement classique de 4 600 € ou 9 200 € de gains, puis de verser ces sommes sur un PER individuel afin de déduire le versement de votre revenu imposable. L’opération combine deux avantages : un retrait quasi indolore côté impôt sur le revenu et une déduction fiscale à l’entrée du PER, d’autant plus rentable que votre tranche marginale d’imposition est élevée. Avant de vous lancer, mesurez toutefois le prix de cette bascule, à savoir le blocage des fonds jusqu’à la retraite. Notre dossier sur la question de l’ouverture d’un PER individuel en 2026 détaille les cas où l’arbitrage est favorable et ceux où il ne l’est pas.

Couple préparant sa retraite et arbitrant entre assurance-vie et PER
Basculer une partie de son assurance-vie vers un PER se raisonne à l’échelle de plusieurs années — Photo : Vitaly Gariev / Pexels

La procédure de transfert, étape par étape

Le transfert relève d’une démarche contractuelle et non d’un droit opposable : l’assureur n’est jamais tenu d’accepter votre demande, et certains refusent purement et simplement de faire migrer leurs anciens contrats vers leurs offres les plus compétitives. Il faut donc engager la discussion avec méthode, en s’appuyant sur les conditions générales du contrat cible et sur la lettre de la loi Pacte. Voici le déroulé habituel d’une opération menée à son terme.

  1. Identifiez précisément l’entité juridique qui porte votre contrat actuel, mentionnée sur votre relevé annuel, et vérifiez qu’elle porte également le contrat visé.
  2. Demandez par écrit à votre assureur la liste des contrats de sa gamme éligibles à un transfert au titre de la loi Pacte ou de l’amendement Fourgous.
  3. Comparez les frais de gestion, l’univers d’investissement, la qualité du fonds en euros et les modalités d’arbitrage entre l’ancien et le nouveau contrat.
  4. Adressez une demande de transfert en recommandé avec accusé de réception, en visant expressément l’article 125-0 A du Code général des impôts et la loi du 22 mai 2019.
  5. Exigez la confirmation écrite que la date d’ouverture du contrat d’origine et l’antériorité des versements antérieurs à vos 70 ans sont bien reprises.
  6. Vérifiez sur le premier relevé du nouveau contrat que la date d’effet fiscale correspond à celle du contrat initial et non à celle du transfert.

Comptez généralement de quatre à huit semaines entre la demande et sa réalisation effective. Pendant cette période, l’épargne reste investie, mais les arbitrages peuvent être suspendus. Notez enfin que la clause bénéficiaire n’est pas automatiquement recopiée : c’est l’un des oublis les plus fréquents et les plus lourds de conséquences. Prenez le temps de la rédiger à nouveau, mot pour mot, sur le nouveau contrat.

Les pièges à connaître avant de signer

Le premier écueil concerne le fonds en euros. Les contrats anciens abritent parfois des fonds en euros à garantie brute de frais de gestion, ou assortis d’un taux minimum garanti contractuel, conditions devenues introuvables aujourd’hui. Transférer, c’est perdre définitivement ces clauses. Avant de bouger, relisez donc vos conditions générales : notre article expliquant comment le fonds en euros de l’assurance-vie est garanti aide à repérer ces garanties héritées, dont la valeur dépasse souvent l’économie de frais espérée.

Le deuxième piège tient aux frais de transfert eux-mêmes. La loi ne les plafonne pas dans le cadre de l’assurance-vie, contrairement au PER. Certains assureurs facturent une commission sur les encours transférés, d’autres appliquent des frais de versement sur le nouveau contrat comme s’il s’agissait d’argent frais. Faites chiffrer l’opération par écrit avant de vous engager. Troisième point de vigilance : les avantages acquis liés à l’ancienneté commerciale, tels qu’une bonification de rendement ou une exonération de frais d’arbitrage, tombent avec l’ancien contrat même si l’antériorité fiscale, elle, est conservée. Antériorité fiscale et avantages commerciaux sont deux choses distinctes.

Le conseil de la rédaction

Avant d’envisager un rachat pour changer de compagnie, posez la question du transfert Pacte à votre assureur actuel, par écrit. Dans un grand nombre de cas, la même entité juridique commercialise à la fois le vieux contrat d’agence et une offre en ligne bien plus compétitive : le transfert devient alors gratuit fiscalement et immédiat. Si la réponse est négative, ne rachetez pas tout d’un coup. Étalez les retraits sur deux ou trois années civiles pour absorber les gains dans l’abattement annuel, gardez quelques centaines d’euros sur le contrat historique afin de préserver sa date d’ouverture, et ouvrez sans attendre le nouveau contrat avec un versement minimal pour lancer son compteur des huit ans. Cette séquence, étalée dans le temps, coûte presque toujours moins cher qu’un transfert brutal.

Questions fréquentes sur le transfert d’assurance-vie

Peut-on transférer une assurance-vie d’une banque à une autre en 2026 ?

Non. Aucun dispositif ne permet de déplacer un contrat d’une compagnie d’assurance vers une autre en conservant son ancienneté. La seule solution consiste à racheter le contrat existant, à supporter la fiscalité correspondante sur la part de gains, puis à reverser les sommes sur un nouveau contrat qui repartira avec une ancienneté de zéro. Attention à une confusion fréquente : le nom de la banque affiché sur votre relevé n’est pas toujours celui de l’assureur porteur du contrat. Vérifiez l’entité mentionnée dans les conditions générales, car deux enseignes bancaires distinctes peuvent parfois s’appuyer sur la même compagnie d’assurance, ce qui rend le transfert possible.

Le transfert déclenche-t-il une imposition ?

Non, et c’est tout l’intérêt du mécanisme. Un transfert réalisé dans le cadre de l’amendement Fourgous ou de la loi Pacte n’est pas assimilé à un dénouement du contrat. Aucun impôt sur le revenu ni prélèvement social n’est dû au moment de l’opération, et l’antériorité fiscale est intégralement reprise. Les gains latents restent latents. En revanche, si votre assureur vous propose un rachat suivi d’une nouvelle souscription en présentant cela comme un transfert, il s’agit d’une opération fiscalement toute différente : exigez la qualification écrite de l’opération avant de signer le moindre document.

Que devient la clause bénéficiaire après un transfert ?

Elle ne suit pas automatiquement. Le nouveau contrat comporte sa propre clause bénéficiaire, qui reprend par défaut la formulation standard de l’assureur, généralement le conjoint puis les enfants nés ou à naître. Si vous aviez rédigé une clause sur mesure, démembrée, ou désignant des bénéficiaires nommément, vous devez impérativement la reprendre à l’identique sur le nouveau contrat. C’est également le bon moment pour la mettre à jour si votre situation familiale a évolué depuis la souscription initiale.

Les versements effectués avant 70 ans conservent-ils leur régime successoral ?

Oui, à condition que le transfert soit bien réalisé sous le régime Fourgous ou Pacte. Le contrat étant réputé se poursuivre, la date des primes versées reste inchangée, et les sommes correspondantes continuent de relever de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire. C’est un point d’attention majeur pour les épargnants de plus de 70 ans : un rachat suivi d’une nouvelle souscription ferait au contraire basculer l’intégralité des sommes reversées dans le régime bien moins favorable des primes versées après 70 ans, avec un abattement global limité à 30 500 €.

Un transfert partiel est-il possible ?

La loi Pacte n’interdit pas le transfert partiel, mais elle ne l’impose pas non plus. Dans la pratique, la majorité des assureurs ne traite que des transferts totaux, plus simples à gérer administrativement. Quelques compagnies acceptent des opérations partielles, notamment lorsque le contrat d’origine comporte un fonds en euros que l’épargnant souhaite conserver. Interrogez votre assureur sur ce point précis, car la réponse conditionne souvent l’intérêt réel de l’opération.

Ce qu’il faut retenir

Le transfert d’assurance-vie est un outil réel mais borné. Il permet de moderniser un contrat vieillissant sans perdre son ancienneté fiscale ni le bénéfice des versements réalisés avant 70 ans, à la condition impérative de rester chez le même assureur. Hors de ce périmètre, seul le rachat existe, avec un coût fiscal qu’il faut chiffrer avant de décider. La bonne démarche consiste donc à vérifier d’abord l’existence d’une offre éligible dans la gamme de votre compagnie actuelle, puis, à défaut seulement, à construire une sortie progressive étalée sur plusieurs années civiles pour neutraliser l’impôt sur le revenu grâce aux abattements annuels.

Cet article a une vocation strictement informative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales évoquées sont celles applicables au moment de la rédaction et peuvent évoluer. Avant toute opération portant sur votre assurance-vie, faites analyser votre situation par votre assureur, votre notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine.

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