Le compte à terme revient sur le devant de la scène en 2026. Avec un Livret A rémunéré à 1,7 % depuis le 1er août 2026 et un plafond de 22 950 euros rapidement atteint, de nombreux épargnants cherchent une solution sans risque pour placer une trésorerie qui dort sur un compte courant. Le compte à terme, souvent désigné par son sigle CAT, coche plusieurs cases : capital garanti par la banque, taux connu dès la signature, aucune limite de versement dans la plupart des établissements. Il traîne cependant deux handicaps sérieux cette année. L’argent est bloqué pendant toute la durée choisie, et les intérêts subissent désormais une fiscalité de 31,4 % au lieu de 30 %. Ce guide fait le point sur les taux réellement proposés, sur le calcul du rendement net et sur les situations où le CAT bat effectivement l’épargne réglementée.

Compte à terme : définition et fonctionnement
Un compte à terme est un contrat de dépôt à durée déterminée conclu entre vous et votre banque. Vous versez une somme en une seule fois, vous choisissez une durée d’immobilisation allant de un mois à cinq ans selon les offres, et l’établissement s’engage en contrepartie à vous verser un taux d’intérêt fixé dès l’ouverture. À l’échéance, vous récupérez votre capital augmenté des intérêts. Contrairement à un livret classique, il n’existe ni versement complémentaire ni retrait partiel : le compte vit et meurt avec l’opération initiale. Cette rigidité est précisément ce qui permet à la banque d’offrir une rémunération supérieure à celle d’un livret bancaire ordinaire, puisqu’elle sait exactement de quelles ressources elle dispose et pendant combien de temps.
Trois familles de comptes à terme coexistent sur le marché français. Le CAT à taux fixe applique un taux unique sur toute la période : c’est la formule la plus lisible et la plus fréquente. Le CAT à taux progressif augmente la rémunération par paliers, par exemple 2 % la première année, 2,5 % la deuxième et 3 % la troisième ; le taux mis en avant dans la publicité correspond alors au dernier palier, rarement au rendement moyen réellement perçu. Le CAT à taux variable, enfin, indexe la rémunération sur un indice de marché comme l’Euribor ou l’€STR. Cette dernière formule vous expose directement à la baisse des taux directeurs, un risque tout sauf théorique dans le contexte monétaire actuel.
Le montant minimum d’ouverture varie fortement d’un établissement à l’autre. Certaines banques en ligne acceptent des versements à partir de 1 000 euros, tandis que les banques privées et les offres destinées aux personnes morales réclament souvent 50 000 euros, voire 100 000 euros. Il est parfaitement possible d’ouvrir plusieurs comptes à terme simultanément, dans la même banque ou dans des établissements différents. Cette pratique, que les conseillers appellent l’échelonnement, consiste à fractionner son capital sur des échéances décalées afin de retrouver de la liquidité à intervalles réguliers sans jamais casser un contrat en cours. Nous y reviendrons plus loin, car c’est l’une des rares techniques qui corrige vraiment le principal défaut du produit.
Quels taux pour un compte à terme en 2026 ?
Les taux affichés en 2026 s’étalent globalement de 2 % à 3,5 % bruts selon la durée et l’établissement, avec quelques offres promotionnelles ponctuelles au-delà. La règle veut que plus la durée d’immobilisation est longue, plus le taux est élevé, mais cette hiérarchie s’est nettement aplatie depuis que la Banque centrale européenne a engagé son cycle de détente monétaire. Certaines banques rémunèrent aujourd’hui mieux un placement de douze mois qu’un engagement de cinq ans, précisément parce qu’elles anticipent des taux durablement bas. Comparez donc plusieurs propositions avant de signer, et méfiez-vous du taux d’appel valable uniquement sur les trois premiers mois.
Le point décisif n’est pas le taux brut mais le rendement net qui arrive dans votre poche. Depuis le 1er janvier 2026, les intérêts d’un compte à terme supportent un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Autrement dit, il faut retrancher près d’un tiers de la rémunération annoncée sur la brochure commerciale. Le tableau ci-dessous traduit les taux bruts couramment observés en rendement net, pour un placement de 50 000 euros immobilisé sur douze mois, hors option pour le barème progressif.
| Taux brut annuel | Intérêts bruts | Fiscalité (31,4 %) | Intérêts nets | Taux net |
|---|---|---|---|---|
| 2,00 % | 1 000 € | 314 € | 686 € | 1,37 % |
| 2,50 % | 1 250 € | 392,50 € | 857,50 € | 1,72 % |
| 3,00 % | 1 500 € | 471 € | 1 029 € | 2,06 % |
| 3,50 % | 1 750 € | 549,50 € | 1 200,50 € | 2,40 % |
| 4,00 % | 2 000 € | 628 € | 1 372 € | 2,74 % |
La lecture de ce tableau est instructive. Il faut un taux brut d’environ 2,5 % pour égaler tout juste le rendement du Livret A à 1,7 %, qui est lui totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. En dessous de ce seuil, le compte à terme n’a strictement aucun intérêt tant que votre épargne réglementée n’est pas saturée. La comparaison change évidemment du tout au tout une fois les plafonds atteints, situation dans laquelle se trouvent plusieurs millions de foyers français. Pour aller plus loin sur ce point, nous avons détaillé les nouveaux taux du Livret A et du LEP au 1er août 2026 dans un article dédié.
Fiscalité du compte à terme en 2026 : le PFU grimpe à 31,4 %
C’est la grande nouveauté de l’année pour tous les détenteurs de placements bancaires. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, publiée au Journal officiel le 30 décembre 2025, a porté le taux global du prélèvement forfaitaire unique de 30 % à 31,4 %. La part d’impôt sur le revenu, elle, ne bouge pas et reste fixée à 12,8 %. C’est la composante sociale qui augmente, passant de 17,2 % à 18,6 %, sous l’effet d’une contribution nouvelle de 1,4 point affectée au financement de la dépendance et intégrée à la CSG sur les revenus du patrimoine et de placement. La hausse paraît modeste, mais rapportée à la rémunération nette elle ampute environ 2 % du gain final.

Concrètement, la banque prélève l’ensemble à la source au moment du versement des intérêts, généralement à l’échéance du contrat. Vous n’avez rien à calculer vous-même : les montants apparaissent préremplis sur votre déclaration de revenus l’année suivante, dans les cases consacrées aux revenus de capitaux mobiliers. Soyez toutefois attentif si votre CAT court sur plusieurs années. Selon les contrats, les intérêts sont capitalisés jusqu’au terme ou versés chaque année, ce qui décale d’autant la fiscalité. Un compte à terme de trois ans à intérêts capitalisés concentre toute l’imposition sur une seule année fiscale, ce qui peut faire basculer un foyer dans une tranche supérieure s’il a choisi le barème progressif.
Faut-il opter pour le barème progressif ?
L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste ouverte et se coche lors de la déclaration annuelle. Elle est globale : elle s’applique à l’ensemble de vos revenus mobiliers de l’année, dividendes et plus-values de cession compris, et non au seul compte à terme. Elle devient gagnante lorsque votre taux marginal d’imposition est de 0 % ou de 11 %. Dans le premier cas, vous ne supportez que les 18,6 % de prélèvements sociaux au lieu de 31,4 %. Dans le second, le total atteint 29,6 %, auquel s’ajoute la déductibilité partielle de la CSG à hauteur de 6,8 points sur le revenu global de l’année suivante, ce qui améliore encore le résultat. À partir de la tranche à 30 %, le PFU redevient nettement plus favorable.
| Tranche marginale d’imposition | Avec le PFU | Avec le barème progressif | Choix le plus favorable |
|---|---|---|---|
| 0 % | 31,4 % | 18,6 % | Barème progressif |
| 11 % | 31,4 % | 29,6 % | Barème progressif |
| 30 % | 31,4 % | 48,6 % | PFU |
| 41 % | 31,4 % | 59,6 % | PFU |
| 45 % | 31,4 % | 63,6 % | PFU |
Ce raisonnement vaut aussi pour les autres enveloppes soumises à la flat tax. Nous l’avons appliqué en détail au plan d’épargne en actions dans notre analyse de la fiscalité du PEA entre les 5 ans et la flat tax. Notez au passage une exception notable en 2026 : l’assurance-vie a été explicitement épargnée par la hausse de CSG. Ses produits restent taxés à 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un PFU maintenu à 30 %. Ce différentiel de 1,4 point crée un avantage structurel au profit du contrat d’assurance-vie sur les placements bancaires classiques, un élément que trop peu d’épargnants intègrent dans leurs arbitrages.
La dispense d’acompte, un réflexe à ne pas oublier
Les contribuables dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 euros pour une personne seule, ou à 50 000 euros pour un couple soumis à imposition commune, peuvent demander à être dispensés de l’acompte de 12,8 % prélevé à la source. La demande prend la forme d’une attestation sur l’honneur adressée à la banque avant le 30 novembre de l’année précédant le versement des intérêts. Sans cette démarche, l’acompte est bel et bien prélevé et vous devrez attendre la liquidation de l’impôt, soit près de dix-huit mois plus tard, pour en obtenir la restitution. Le sujet relève de la simple trésorerie, mais il pèse dès que les montants deviennent significatifs.
Un compte à terme ne se juge jamais sur son taux brut. Entre un CAT à 3 % taxé à 31,4 % et un Livret A à 1,7 % net de tout, l’écart réel n’est que de 36 centimes pour 100 euros placés sur un an. La question n’est donc pas de savoir lequel rapporte le plus, mais de savoir de quelle liquidité vous avez besoin.
Compte à terme, Livret A, LEP : le comparatif 2026
La hiérarchie des placements sans risque s’est reconfigurée au 1er août 2026. Le Livret A et le LDDS sont passés de 1,5 % à 1,7 %, tandis que le Livret d’épargne populaire a été maintenu à 2,5 % par arbitrage gouvernemental, alors que la formule de calcul conduisait mécaniquement à 2,2 %. Ces trois livrets partagent un atout décisif face au compte à terme : leurs intérêts échappent totalement à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, et les fonds restent disponibles à tout moment. Leur faiblesse tient à leurs plafonds, respectivement 22 950 euros, 12 000 euros et 10 000 euros, ainsi qu’à la condition de ressources qui réserve le LEP aux foyers modestes.
| Placement | Taux | Fiscalité | Plafond | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,70 % | Exonéré | 22 950 € | Immédiate |
| LDDS | 1,70 % | Exonéré | 12 000 € | Immédiate |
| LEP (sous conditions de ressources) | 2,50 % | Exonéré | 10 000 € | Immédiate |
| Compte à terme | 2,00 à 3,50 % brut | PFU 31,4 % | Aucun (en pratique) | Bloquée jusqu’à l’échéance |
| Fonds en euros d’assurance-vie | Variable selon contrat | PFU 30 % après abattement | Aucun | Rachat sous quelques jours |
La conclusion pratique tient en une phrase : le compte à terme n’est pas un concurrent de l’épargne réglementée, il en est le prolongement. Tant que votre LEP, votre Livret A et votre LDDS ne sont pas remplis, il n’existe aucune raison rationnelle de bloquer des fonds pour un rendement net inférieur. En revanche, dès que ces enveloppes sont saturées, soit environ 45 000 euros pour une personne seule éligible au LEP, la question devient légitime. Le CAT entre alors en concurrence directe avec le fonds en euros d’assurance-vie, dont nous avons expliqué le mécanisme de garantie du capital, et avec les solutions plus dynamiques passées en revue dans notre dossier sur les placements à rendement élevé en 2026.

Les cinq pièges du compte à terme
Le produit paraît simple, ce qui le rend paradoxalement dangereux : les clauses défavorables se nichent dans des conditions générales que peu d’épargnants lisent intégralement. Voici les points de vigilance que nous relevons systématiquement dans les contrats proposés en agence comme en ligne.
- La pénalité de sortie anticipée. Rompre un CAT avant son terme est presque toujours possible, mais la banque applique alors un taux minoré, souvent amputé de 1 à 2 points, parfois ramené au taux du marché monétaire du jour. Un préavis de trente-deux jours est fréquemment exigé.
- Le taux d’appel. Certaines offres affichent un taux spectaculaire valable trois mois seulement, avant de retomber sur une rémunération ordinaire. Exigez le taux moyen annualisé sur toute la durée, pas le taux de la première période.
- La reconduction tacite. Plusieurs contrats se renouvellent automatiquement à l’échéance, au taux en vigueur ce jour-là, qui peut être bien inférieur à celui d’origine. Notez la date dans votre agenda et donnez vos instructions par écrit.
- Le plafond de la garantie des dépôts. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre 100 000 euros par déposant et par établissement. Au-delà, répartissez vos avoirs entre plusieurs banques.
- L’inflation. Un taux fixe de 2,5 % brut sur cinq ans devient une mauvaise affaire si l’inflation repart. Le capital est garanti en euros courants, jamais en pouvoir d’achat.
À ces points s’ajoute une considération de gestion souvent négligée. Les intérêts versés viennent gonfler votre revenu fiscal de référence, y compris lorsque vous relevez du PFU. Or ce revenu de référence conditionne l’accès au LEP, certaines exonérations de taxe d’habitation sur la résidence principale, plusieurs aides sociales et l’attribution des bourses scolaires. Un compte à terme généreux peut donc, par ricochet, vous faire perdre l’éligibilité à un livret rémunéré à 2,5 % net. Cette interaction mérite d’être vérifiée avant tout placement de montant important, en particulier pour les foyers qui se situent juste sous les seuils.
Le conseil de la rédaction
Ne bloquez jamais la totalité de votre trésorerie sur une seule échéance. La technique de l’échelle, ou laddering, consiste à diviser votre capital en trois ou quatre comptes à terme d’échéances étalées : six mois, douze mois, vingt-quatre mois, trente-six mois. Chaque arrivée à terme libère une fraction de votre épargne, que vous consommez ou que vous replacez au taux du moment. Vous conservez ainsi une liquidité régulière, vous lissez le risque de vous être engagé au plus mauvais moment du cycle des taux, et vous évitez la pénalité de rupture anticipée qui détruit l’essentiel du rendement. C’est la seule façon de réconcilier le CAT avec un besoin de trésorerie imprévisible.
À qui le compte à terme s’adresse-t-il vraiment ?
Trois profils tirent un bénéfice réel de ce placement. Le premier est celui de l’épargnant dont les livrets réglementés sont saturés et qui refuse toute exposition aux marchés financiers, souvent par proximité avec l’âge de la retraite ou par tempérament. Le deuxième profil regroupe les détenteurs d’un projet daté : un apport immobilier à mobiliser dans dix-huit mois, des droits de succession à régler, des travaux programmés. La durée du CAT se cale alors exactement sur l’horizon du projet, et le blocage cesse d’être une contrainte puisque l’argent n’avait de toute façon pas vocation à être touché. Le troisième profil, enfin, est celui des personnes morales : associations, SCI, sociétés commerciales disposant d’une trésorerie excédentaire et privées d’accès aux livrets des particuliers.
À l’inverse, le compte à terme est rarement pertinent pour constituer une épargne de précaution, par définition mobilisable du jour au lendemain, ni pour un horizon supérieur à huit ans. Sur longue période, l’assurance-vie et le plan d’épargne en actions offrent une fiscalité nettement plus douce après leurs durées de détention respectives, sans parler du potentiel de rendement. Le plan d’épargne retraite, de son côté, procède d’une logique totalement différente puisque le versement lui-même ouvre droit à une déduction du revenu imposable. Nous avons détaillé cette mécanique dans notre guide consacré à la question de savoir s’il faut ouvrir un PER individuel en 2026.

Comment ouvrir un compte à terme, étape par étape
La démarche reste simple et se boucle en quelques jours ouvrés dès lors que vous êtes déjà client de l’établissement. Un compte à terme s’adosse en effet toujours à un compte courant ouvert dans la même banque, qui sert de compte de versement puis de restitution des fonds à l’échéance.
- Comparez au moins quatre offres, en incluant les banques en ligne et les établissements spécialisés européens, souvent plus généreux que les réseaux traditionnels.
- Vérifiez la nature du taux : fixe, progressif ou variable, et demandez le rendement actuariel moyen sur toute la durée.
- Lisez la clause de sortie anticipée et notez le préavis exigé ainsi que la décote appliquée au taux.
- Contrôlez le sort des intérêts : capitalisés au terme ou versés annuellement, avec les conséquences fiscales déjà évoquées.
- Adressez votre demande de dispense d’acompte avant le 30 novembre si votre revenu fiscal de référence vous y autorise.
- Programmez un rappel quelques semaines avant l’échéance pour éviter une reconduction tacite à un taux dégradé.
Le contrat prend la forme d’une lettre d’engagement que vous signez, le plus souvent de manière électronique. Elle mentionne le montant, la date de départ, la date d’échéance, le taux et les conditions de rupture. Conservez-la : c’est le seul document opposable en cas de litige sur la rémunération effectivement appliquée. Si vous détenez plusieurs comptes à terme, tenez un simple tableau de suivi avec les échéances et les taux, car ces produits ne génèrent aucun relevé mensuel et se font vite oublier. Un dialogue régulier avec votre conseiller reste utile ; nos témoignages de banquiers sur la négociation des taux et des frais montrent que les marges de discussion existent, surtout au-delà de 50 000 euros.
Questions fréquentes sur le compte à terme
Peut-on récupérer son argent avant l’échéance ?
Oui, dans la quasi-totalité des contrats. La loi n’autorise pas une banque à confisquer définitivement vos fonds. En revanche, elle peut appliquer une pénalité contractuelle sous forme de taux minoré et exiger un préavis, généralement de trente-deux jours. Selon les cas, la rupture au bout de quelques mois seulement peut ramener le rendement effectif proche de zéro, sans toutefois entamer le capital initial. Vérifiez la formule exacte de calcul avant de signer.
Le compte à terme est-il garanti ?
Le capital est garanti contractuellement par la banque, et il bénéficie en outre de la garantie légale des dépôts à hauteur de 100 000 euros par déposant et par établissement, tous comptes confondus. Si vous placez 150 000 euros dans une seule banque, la fraction supérieure à 100 000 euros n’est pas couverte en cas de défaillance. Répartir sur deux établissements distincts règle le problème sans coût supplémentaire.
Un compte à terme entre-t-il dans la succession ?
Oui, contrairement à l’assurance-vie qui bénéficie d’un régime civil et fiscal dérogatoire. Le solde du CAT au jour du décès intègre l’actif successoral et supporte les droits de succession selon le barème applicable au lien de parenté. La banque bloque le compte dès qu’elle est informée du décès, et les héritiers récupèrent les fonds au terme du règlement notarié. Cette différence de traitement explique pourquoi l’assurance-vie conserve un net avantage dans une stratégie de transmission.
Peut-on détenir plusieurs comptes à terme ?
Sans aucune limite. Il n’existe ni plafond légal ni règle d’unicité par contribuable, contrairement au Livret A ou au LEP. Vous pouvez donc en ouvrir autant que vous le souhaitez, y compris dans plusieurs banques, ce qui est précisément le principe de la stratégie d’échelonnement et de la répartition du risque de contrepartie.
Les intérêts sont-ils soumis aux prélèvements sociaux chaque année ?
Les prélèvements sociaux sont dus au moment où les intérêts sont acquis et versés. Sur un contrat à intérêts annuels, ils sont prélevés chaque année ; sur un contrat à intérêts capitalisés, ils le sont en une fois à l’échéance, sur la totalité des intérêts cumulés. Le taux appliqué est celui en vigueur à la date du versement, soit 18,6 % en 2026.
Ce qu’il faut retenir
Le compte à terme reste un outil de trésorerie, pas un placement de constitution de patrimoine. En 2026, la hausse du prélèvement forfaitaire unique à 31,4 % et la remontée du Livret A à 1,7 % ont sensiblement réduit son avantage relatif : il faut désormais un taux brut supérieur à 2,5 % pour simplement égaler un livret disponible et défiscalisé. Il conserve néanmoins une vraie utilité pour les capitaux qui dépassent les plafonds réglementés, pour les projets à échéance connue et pour la trésorerie des personnes morales. Comparez les offres, échelonnez vos échéances, vérifiez votre tranche marginale avant d’opter ou non pour le barème, et surveillez la date de reconduction.
Cet article a une vocation purement informative et reflète la réglementation connue au 25 août 2026. Les taux commerciaux évoluent en permanence et les situations patrimoniales sont toutes particulières. Il ne remplace pas un conseil personnalisé délivré par votre banquier, votre conseiller en gestion de patrimoine ou votre notaire.

Baptiste rédige des articles consacrés à la fiscalité, à l’épargne et aux mécanismes d’optimisation prévus par la réglementation. Son approche repose sur l’analyse des règles fiscales et leur mise en perspective concrète, afin d’aider les lecteurs à mieux appréhender leur situation et leurs obligations.
