L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) reste, en 2026, le seul impôt annuel qui frappe directement la détention d’un patrimoine immobilier. Instauré en 2018 en remplacement de l’ISF, il ne concerne que la pierre : les placements financiers, l’or, les voitures de collection ou les œuvres d’art en sont totalement sortis. Plus de 150 000 foyers fiscaux y sont assujettis chaque année, et beaucoup d’entre eux y entrent sans l’avoir anticipé, à la suite d’une succession, de la cession d’une entreprise ou simplement de la hausse continue des prix dans leur commune. L’IFI 2026 obéit à des règles précises : une assiette strictement immobilière, un barème progressif à six tranches, un abattement de 30 % sur la résidence principale, une décote pour les patrimoines situés juste au-dessus du seuil et une liste de dettes déductibles très encadrée.
Nous faisons ici le point complet sur le barème applicable, le mécanisme de la décote, les biens imposables et exonérés, les dettes que vous pouvez retrancher de votre actif, le plafonnement à 75 % des revenus et la réduction d’impôt de 75 % accordée pour les dons. Vous y trouverez deux tableaux de synthèse, plusieurs exemples chiffrés et les erreurs qui reviennent le plus souvent dans les contrôles de l’administration fiscale. L’objectif est simple : que vous sachiez, avant même de remplir votre déclaration, si vous êtes concerné et pour quel montant approximatif.

Qu’est-ce que l’IFI et qui doit le payer en 2026 ?
L’IFI est un impôt annuel déclaratif assis sur la valeur nette du patrimoine immobilier détenu au 1er janvier de l’année d’imposition. Contrairement à l’ISF qu’il a remplacé, il ignore la totalité des placements financiers : actions, obligations, livrets réglementés, comptes-titres, parts de fonds actions ou contrats d’assurance-vie investis en supports non immobiliers sortent de l’assiette. Seuls comptent les actifs immobiliers, détenus en direct ou au travers de sociétés. Le fait générateur est figé au 1er janvier 2026 : une vente conclue le 15 janvier ne change rien à l’imposition de l’année en cours, de même qu’un achat réalisé en février ne produira ses effets qu’en 2027. Cette photographie au 1er janvier explique pourquoi les arbitrages patrimoniaux se préparent toujours avant la fin de l’année civile précédente.
Le seuil de 1 300 000 € : un effet de seuil, pas un abattement
Vous devenez redevable de l’IFI dès lors que votre patrimoine immobilier net taxable, c’est-à-dire l’actif imposable diminué des dettes déductibles, dépasse 1 300 000 € au 1er janvier. C’est un véritable effet de seuil et non un abattement : une fois la barre franchie, le barème progressif s’applique à partir de 800 000 € et non à partir de 1 300 000 €. Autrement dit, un foyer dont le patrimoine net atteint 1 299 000 € ne paie rien, tandis qu’un foyer à 1 310 000 € entre dans le champ de l’impôt et voit la tranche à 0,50 % s’appliquer sur la fraction comprise entre 800 000 € et 1 300 000 €. C’est précisément pour amortir ce saut brutal que le législateur a prévu une décote, détaillée plus loin.
Le foyer IFI n’est pas le foyer fiscal de l’impôt sur le revenu
La composition du foyer retenue pour l’IFI répond à une logique propre, qui surprend souvent. Sont imposés ensemble, sur un patrimoine unique :
- les époux, quel que soit leur régime matrimonial, y compris en séparation de biens ;
- les partenaires liés par un pacte civil de solidarité ;
- les concubins notoires, alors même qu’ils déclarent séparément leurs revenus ;
- les enfants mineurs dont l’un des membres du couple a l’administration légale des biens.
En revanche, les enfants majeurs sont exclus du foyer IFI même lorsqu’ils restent rattachés au foyer fiscal pour l’impôt sur le revenu. Ce décalage a une conséquence directe : un couple de concubins propriétaires chacun d’un appartement de 700 000 € additionne ses biens et franchit le seuil, alors que chacun pris isolément resterait en dessous. À l’inverse, une donation de la nue-propriété à un enfant majeur sort mécaniquement la valeur transmise du patrimoine des parents, sous réserve des règles de démembrement examinées ci-après.
Résidents et non-résidents : une assiette différente
Les personnes domiciliées fiscalement en France sont imposées sur l’ensemble de leur patrimoine immobilier, en France comme à l’étranger, sous réserve des conventions fiscales internationales destinées à éviter les doubles impositions. Les non-résidents, eux, ne sont imposés que sur leurs biens et droits immobiliers situés en France, ainsi que sur les parts de sociétés à hauteur de la fraction représentative de ces biens français. Une règle transitoire mérite d’être connue : les personnes qui s’installent en France après avoir été fiscalement domiciliées à l’étranger pendant les cinq années civiles précédentes ne sont imposées que sur leurs biens français, et ce jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant leur installation. Ce régime d’impatriation constitue un argument non négligeable lors d’un retour en France.
Quels biens entrent dans l’assiette de l’IFI ?
L’assiette de l’IFI est volontairement large au sein de la sphère immobilière. Y figurent les immeubles bâtis à usage d’habitation ou professionnel non exonérés, les immeubles en cours de construction, les terrains à bâtir et les terrains agricoles, les droits réels immobiliers comme l’usufruit ou le droit d’usage, mais aussi les titres de sociétés à hauteur de leur fraction immobilière. Ce dernier point est décisif : la détention indirecte ne met à l’abri de rien. Un contribuable qui détient des parts de SCPI, des actions de SIIC ou des unités de compte immobilières logees dans un contrat d’assurance-vie doit reconstituer la valeur immobilière correspondante et l’intégrer à sa déclaration. C’est l’une des sources d’omission les plus fréquemment relevées en contrôle.
- Les maisons, appartements, dépendances, garages et caves détenus en pleine propriété ou en indivision.
- Les biens loués nus ou meublés, y compris ceux placés sous un dispositif de défiscalisation encore en cours.
- Les parts de SCI, de SCPI, d’OPCI et les actions de sociétés foncières cotées, pour leur quote-part immobilière.
- Les unités de compte immobilières d’un contrat d’assurance-vie ou d’un plan d’épargne retraite.
- Les biens situés à l’étranger pour les résidents fiscaux français.
La résidence principale et son abattement de 30 %
La résidence principale bénéficie d’un abattement de 30 % sur sa valeur vénale au 1er janvier. Une maison estimée 1 000 000 € n’est donc retenue que pour 700 000 € dans l’assiette. Cet abattement est automatique mais strictement personnel : il ne s’applique qu’à une seule résidence par foyer et ne peut jamais bénéficier à un bien détenu au travers d’une SCI dont le foyer occupe le logement. C’est un piège classique du montage en société civile, souvent conçu pour d’autres raisons, patrimoniales ou successorales, et dont le coût en IFI n’est mesuré qu’après coup. Notez aussi que l’abattement porte sur la valeur brute, avant déduction de l’emprunt restant dû : l’administration exige que le passif afférent à la résidence principale soit lui aussi retenu à hauteur de 70 % seulement, par cohérence.
Immobilier détenu via une SCI, une SCPI ou une OPCI
Pour les titres de sociétés, l’assiette correspond à la valeur des parts multipliée par le coefficient immobilier de la structure, c’est-à-dire le rapport entre la valeur vénale de ses actifs immobiliers imposables et la valeur de l’ensemble de ses actifs. Les sociétés de gestion de SCPI et d’OPCI communiquent chaque année ce coefficient à leurs associés, généralement dans l’attestation fiscale adressée au printemps. Pour une SCI familiale, le calcul incombe aux associés eux-mêmes. Deux exceptions allègent le travail : les participations inférieures à 10 % du capital dans une société opérationnelle et les titres de sociétés cotées détenus à moins de 5 % échappent à la règle de transparence. Si vous hésitez entre imposition à l’IR et à l’IS pour votre structure, notre article sur l’impôt sur les loyers dans une SCI détaille les conséquences de chaque option.
Démembrement : usufruitier ou nu-propriétaire ?
La règle de principe est posée par l’article 968 du code général des impôts : lorsqu’un bien est démembré, c’est l’usufruitier qui déclare la valeur en pleine propriété, le nu-propriétaire n’ayant rien à déclarer. Cette solution paraît sévère pour l’usufruitier, mais elle traduit le fait que celui-ci perçoit les revenus du bien. Il existe toutefois des cas d’imposition répartie, où usufruitier et nu-propriétaire déclarent chacun leur quote-part évaluée selon le barème de l’article 669 : c’est notamment le cas de l’usufruit légal du conjoint survivant recueilli dans une succession, ou de l’usufruit constitué au profit d’une personne morale. Le démembrement reste donc un levier utile, mais son effet sur l’IFI dépend entièrement de son origine juridique. Notre guide du choix entre micro-foncier et régime réel complète utilement cette lecture pour la fiscalité des revenus.

Le barème de l’IFI 2026
Le barème de l’IFI 2026 est inchangé par rapport aux années précédentes. Il comporte six tranches et s’applique par fractions successives, exactement comme le barème de l’impôt sur le revenu : chaque euro n’est taxé qu’au taux de la tranche dans laquelle il tombe, jamais au taux maximal sur la totalité du patrimoine.
| Fraction du patrimoine net taxable | Taux applicable | Impôt maximal de la tranche |
|---|---|---|
| Jusqu’à 800 000 € | 0 % | 0 € |
| De 800 001 € à 1 300 000 € | 0,50 % | 2 500 € |
| De 1 300 001 € à 2 570 000 € | 0,70 % | 8 890 € |
| De 2 570 001 € à 5 000 000 € | 1 % | 24 300 € |
| De 5 000 001 € à 10 000 000 € | 1,25 % | 62 500 € |
| Au-delà de 10 000 000 € | 1,50 % | Non plafonné |
Prenons un exemple concret. Un couple détient une résidence principale évaluée à 1 200 000 €, soit 840 000 € après l’abattement de 30 %, ainsi que deux appartements loués valant ensemble 1 400 000 €. Il reste 240 000 € de capital dû sur les emprunts locatifs. Le patrimoine net taxable s’établit donc à 840 000 + 1 400 000 − 240 000 = 2 000 000 €. L’impôt se calcule ainsi : 500 000 € imposés à 0,50 % soit 2 500 €, puis 700 000 € imposés à 0,70 % soit 4 900 €. L’IFI dû atteint 7 400 €, soit un taux moyen de 0,37 % sur l’ensemble du patrimoine. Ce calcul par tranches explique pourquoi une hausse de valeur de quelques dizaines de milliers d’euros n’emporte jamais d’augmentation brutale de l’impôt, une fois le seuil franchi.
La décote pour les patrimoines compris entre 1,3 et 1,4 million d’euros
Sans correctif, le franchissement du seuil de 1 300 000 € ferait passer un foyer de zéro à 2 500 € d’impôt pour un euro de patrimoine supplémentaire. Le législateur a donc institué une décote qui lisse cette entrée dans l’impôt. Elle s’applique aux patrimoines nets taxables compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 € et se calcule selon la formule suivante : décote = 17 500 − (1,25 % × patrimoine net taxable). Le résultat vient en diminution de l’impôt brut issu du barème. À 1 400 000 € exactement, la décote s’annule et l’impôt retrouve son montant de plein exercice. Au-delà de ce plafond, plus aucune atténuation n’existe.
Illustration : un patrimoine net taxable de 1 350 000 € génère un impôt brut de 2 500 € au titre de la tranche à 0,50 %, auxquels s’ajoutent 350 € pour les 50 000 € imposés à 0,70 %, soit 2 850 €. La décote s’élève à 17 500 − (1,25 % × 1 350 000) = 17 500 − 16 875 = 625 €. L’IFI réellement dû tombe donc à 2 225 €. Ce mécanisme, souvent oublié par les contribuables qui calculent eux-mêmes leur impôt, représente une économie substantielle pour les patrimoines juste au-dessus du seuil. Le simulateur officiel de l’administration l’intègre automatiquement, mais il faut penser à le vérifier lorsque l’on raisonne à partir d’un tableur maison.
Les dettes déductibles de l’IFI
L’IFI porte sur un patrimoine net : les dettes existant au 1er janvier 2026 et effectivement à la charge du foyer viennent en déduction de l’actif imposable. Encore faut-il qu’elles se rapportent à des actifs eux-mêmes imposables, ce qui exclut mécaniquement les emprunts contractés pour acquérir un bien exonéré. Les principales dettes admises en déduction sont les suivantes :
- le capital restant dû des emprunts contractés pour l’acquisition, la construction, la réparation ou l’amélioration d’un bien imposable, ainsi que les intérêts échus et non payés ;
- la taxe foncière due au titre de l’année, à l’exclusion de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères récupérable sur le locataire ;
- les droits de mutation à titre gratuit restés à payer sur un bien reçu par succession ou donation ;
- l’IFI lui-même, dans sa version théorique calculée avant déduction, selon une méthode itérative admise par l’administration ;
- les travaux commandés et facturés mais non encore réglés au 1er janvier.
Si vous détenez des biens loués, la taxe foncière constitue souvent la deuxième ligne de déduction après les emprunts. Notre dossier sur la taxe foncière 2026 détaille son calcul et ses exonérations, ce qui vous aidera à chiffrer précisément ce poste.
Les dettes que vous ne pouvez pas déduire
La liste des exclusions est tout aussi importante à connaître. Ne sont jamais déductibles les prêts contractés auprès d’un membre du foyer fiscal, les prêts familiaux consentis par un ascendant, un descendant, un frère ou une sœur sauf à démontrer le caractère normal des conditions et le respect effectif de l’échéancier, ni les emprunts souscrits auprès d’une société contrôlée par le foyer. Les prêts in fine font l’objet d’un traitement spécifique : ils ne sont déductibles que pour un montant amorti théorique, obtenu en retranchant chaque année une fraction égale au capital divisé par le nombre total d’années du prêt. Cette règle a largement neutralisé l’intérêt des montages consistant à emprunter in fine pour gonfler artificiellement le passif déductible.
Le plafonnement des dettes au-delà de 5 millions d’euros
Un dispositif anti-abus limite la déduction pour les patrimoines importants. Lorsque la valeur brute du patrimoine taxable dépasse 5 000 000 € et que le montant total des dettes excède 60 % de cette valeur, la fraction des dettes supérieure à ce seuil de 60 % n’est déductible qu’à hauteur de 50 %. Un contribuable détenant 8 000 000 € de biens et 6 000 000 € de dettes ne déduira ainsi que 4 800 000 € au titre des 60 %, augmentés de la moitié du surplus de 1 200 000 €, soit 600 000 € : le passif retenu s’élève à 5 400 000 € au lieu de 6 000 000 €. Le contribuable conserve la possibilité d’échapper à ce plafonnement en prouvant que les emprunts n’ont pas été contractés dans un objectif principalement fiscal, ce qui suppose un dossier solide.
L’IFI ne sanctionne pas la richesse immobilière brute mais la richesse nette : un investisseur endetté à 60 % peut détenir trois millions d’euros de biens sans jamais devenir redevable, là où un propriétaire sans dette d’un seul immeuble familial y entre dès 1,4 million.

Les biens exonérés d’IFI en 2026
Toutes les exonérations ne se valent pas : certaines sont totales, d’autres partielles et plafonnées. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux régimes de faveur applicables en 2026, avec leurs conditions essentielles. Gardez en tête un principe constant : une dette qui se rapporte à un bien exonéré n’est pas déductible, et pour un bien partiellement exonéré, la dette ne se déduit qu’à hauteur de la fraction restée imposable.
| Catégorie de biens | Niveau d’exonération | Conditions principales |
|---|---|---|
| Biens professionnels | Totale | Affectation à l’activité professionnelle principale exercée à titre habituel et effectif par un membre du foyer |
| Bois et forêts, parts de groupements forestiers | 75 % | Engagement de gestion durable trentenaire et certificat de gestion |
| Biens ruraux loués par bail à long terme | 75 % jusqu’à 101 897 €, puis 50 % | Bail de 18 ans minimum, preneur exerçant à titre principal |
| Parts de GFA et de groupements forestiers non exploitants | 75 % jusqu’à 101 897 €, puis 50 % | Détention depuis plus de deux ans et biens donnés à bail à long terme |
| Titres détenus à moins de 10 % dans une société opérationnelle | Totale | Société exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale |
| Nue-propriété issue d’un démembrement classique | Totale pour le nu-propriétaire | Imposition reportée sur l’usufruitier au titre de l’article 968 du CGI |
Les biens professionnels : l’exonération la plus large
L’exonération des biens professionnels constitue le principal dispositif d’allègement. Sont visés les immeubles affectés à l’activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale exercée à titre principal par le propriétaire, son conjoint ou son partenaire de Pacs. Un boulanger propriétaire de son local, un médecin détenant les murs de son cabinet ou un exploitant agricole propriétaire de ses terres n’intègrent pas ces actifs dans leur assiette. La difficulté surgit lorsque l’immeuble est loué à la société d’exploitation par une SCI familiale : l’exonération reste possible, mais elle suppose que l’activité exercée dans les murs constitue bien l’activité principale du redevable et que la détention du capital réponde aux seuils fixés par les textes. En pratique, ce point fait l’objet d’un examen attentif en cas de contrôle.
Bois, forêts et biens ruraux : 75 % d’abattement
Les bois et forêts ainsi que les parts de groupements forestiers bénéficient d’une exonération de 75 % de leur valeur, sans plafond, sous réserve d’un engagement de gestion durable pris pour trente ans et attesté par un certificat. Les biens ruraux donnés à bail à long terme et les parts de groupements fonciers agricoles non exploitants suivent un régime voisin mais plafonné : l’exonération atteint 75 % jusqu’à 101 897 € de valeur, puis retombe à 50 % au-delà de ce seuil. Ces dispositifs, conçus à l’origine pour encourager l’investissement dans la forêt et l’agriculture françaises, sont devenus des outils courants de diversification patrimoniale pour les redevables de l’IFI, avec un rendement financier généralement modeste qu’il convient d’apprécier lucidement avant de s’engager.
Réduire son IFI : plafonnement et dons
Le plafonnement à 75 % des revenus
Prévu par l’article 979 du code général des impôts, le plafonnement évite que la somme de l’IFI, de l’impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux et des prélèvements libératoires dépasse 75 % des revenus mondiaux nets de l’année précédente. L’excédent éventuel vient en diminution de l’IFI, et de lui seul. Ce mécanisme protège les situations où le patrimoine immobilier est important mais peu productif de revenus : retraité propriétaire d’un hôtel particulier, héritier d’un domaine familial, dirigeant ayant cessé son activité. Attention toutefois, les revenus retenus au dénominateur sont entendus largement et incluent notamment les plus-values réalisées, ce qui peut neutraliser le bénéfice du plafonnement l’année d’une cession importante. Si vous envisagez une vente, notre article sur la plus-value d’une résidence secondaire vous aidera à en mesurer l’impact global.
La réduction d’impôt de 75 % pour les dons
Les dons effectués au profit de certains organismes d’intérêt général ouvrent droit à une réduction d’IFI égale à 75 % du montant versé, dans la limite de 50 000 € de réduction par an, ce qui correspond à un don de 66 667 €. Sont éligibles les fondations reconnues d’utilité publique, les établissements d’enseignement supérieur ou artistique à but non lucratif, les entreprises d’insertion, les ateliers et chantiers d’insertion ainsi que les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification. Les versements doivent intervenir entre la date limite de déclaration de l’année précédente et celle de l’année en cours. Un même versement ne peut pas ouvrir droit simultanément à la réduction d’IFI et à la réduction d’impôt sur le revenu, mais un fractionnement du don entre les deux dispositifs reste possible.
Le conseil de la rédaction
Si votre patrimoine net taxable oscille autour de 1 300 000 €, consacrez une soirée à documenter vos valeurs vénales avant le 31 décembre plutôt qu’au printemps suivant. Trois réflexes font souvent la différence : rassembler des annonces comparables et des actes de vente récents dans le quartier pour justifier une évaluation prudente, vérifier que la décote pour indivision ou pour occupation du bien par un locataire en place a bien été appliquée, et chiffrer précisément le capital restant dû au 1er janvier plutôt que de reprendre le montant emprunté à l’origine. Un don à une fondation reconnue d’utilité publique effectué avant la date limite de déclaration peut, pour sa part, annuler purement et simplement un IFI de quelques milliers d’euros — à condition d’avoir la volonté de donner, car l’économie d’impôt ne représente jamais que 75 % de la somme versée.
Déclarer l’IFI : formulaire, annexes et calendrier
La déclaration d’IFI n’est plus autonome depuis 2018 : elle prend la forme d’une annexe à la déclaration de revenus, le formulaire 2042-IFI, complété le cas échéant des annexes détaillant les biens, les dettes et les organismes bénéficiaires des dons. Concrètement, vous cochez la case correspondante au début de votre déclaration en ligne, puis un module dédié s’ouvre et vous demande de recenser vos biens un par un, avec leur adresse, leur nature, votre quote-part de détention et leur valeur vénale au 1er janvier. Le calendrier suit celui de la déclaration de revenus, avec des dates limites échelonnées par zone géographique entre la fin mai et le début juin, et une date unique pour les déclarations papier encore autorisées.
L’avis d’imposition est ensuite adressé à l’automne, avec une échéance de paiement généralement fixée à la mi-septembre pour les paiements non dématérialisés et quelques jours plus tard en cas de paiement en ligne. L’IFI n’est pas intégré au prélèvement à la source : il donne lieu à un versement distinct, que vous pouvez toutefois mensualiser sur demande. Le paiement est obligatoirement dématérialisé au-delà de 300 €, ce qui concerne en pratique tous les redevables. Pensez à conserver pendant au moins trois ans l’ensemble des justificatifs d’évaluation et de dettes : c’est sur cette période que s’exerce le droit de reprise ordinaire de l’administration.
Évaluation des biens et risque de redressement
C’est l’évaluation qui concentre l’essentiel du contentieux. La loi impose de retenir la valeur vénale, c’est-à-dire le prix qui aurait pu être obtenu par un vendeur au 1er janvier, dans des conditions normales de marché. L’administration dispose d’un outil de comparaison, la base Patrim, accessible aux contribuables depuis leur espace personnel, qui recense les mutations récentes autour d’une adresse donnée. En cas d’écart significatif entre votre estimation et les références du marché, une proposition de rectification peut vous être adressée, assortie d’un intérêt de retard et, en cas de manquement délibéré, d’une majoration de 40 %. Plusieurs décotes sont toutefois admises par la jurisprudence et par la doctrine administrative.
- Une décote pour occupation, généralement comprise entre 10 % et 20 %, lorsque le bien est loué avec un bail en cours qui limite la liberté de vente.
- Une décote pour indivision, souvent de 10 % à 20 %, qui traduit la moindre liquidité d’une quote-part indivise.
- Une décote pour illiquidité des parts de SCI non cotées, admise dans des proportions variables selon les statuts et les clauses d’agrément.
- Une prise en compte de l’état réel du bien, notamment lorsque des travaux lourds sont nécessaires ou que le diagnostic de performance énergétique est défavorable.
Chacune de ces décotes doit être motivée et documentée. Un dossier composé de deux ou trois avis de valeur d’agences, d’annonces comparables imprimées à la date de référence et, le cas échéant, de devis de travaux constitue la meilleure protection en cas de discussion ultérieure avec le vérificateur.
Questions fréquentes sur l’IFI 2026
Dois-je déclarer mon assurance-vie à l’IFI ?
Uniquement pour la part de votre contrat investie en supports immobiliers : SCPI, OPCI, SCI de placement ou unités de compte adossées à des actifs immobiliers. L’assureur vous communique en début d’année la valeur de rachat imposable correspondante. Les fonds en euros sont en principe exclus, sauf pour leur éventuelle composante immobilière lorsqu’elle est identifiée par le contrat.
Un bien en cours de construction est-il imposable ?
Oui. Les immeubles en cours de construction sont imposables pour la valeur des travaux réalisés au 1er janvier, augmentée du prix du terrain. Le solde du prêt débloqué vient logiquement en déduction au titre des dettes, tandis que la fraction non encore versée par la banque ne constitue pas une dette existante.
Que se passe-t-il en cas de divorce ou de décès en cours d’année ?
L’IFI étant assis sur la situation au 1er janvier, un divorce prononcé en mars 2026 reste sans effet sur l’imposition de l’année : le couple demeure imposé conjointement. En cas de décès, l’impôt reste dû au titre de l’année entière et figure au passif de la succession, les héritiers étant tenus de déposer la déclaration pour le compte du défunt.
Le mobilier d’un logement entre-t-il dans l’assiette ?
Non. À la différence de l’ancien ISF, l’IFI ne vise ni les meubles meublants, ni les œuvres d’art, ni les véhicules, ni les bijoux. Dans un logement loué meublé, seule la valeur de l’immeuble est retenue : la valeur du mobilier, lorsqu’elle est identifiée séparément dans un inventaire, reste hors champ.
Puis-je corriger ma déclaration après l’avoir validée ?
Oui, le service de correction en ligne rouvre à l’automne et permet de rectifier les montants déclarés, y compris ceux de l’annexe IFI. Au-delà, une réclamation contentieuse reste possible jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Une correction spontanée limite généralement les intérêts de retard et écarte toute majoration pour manquement délibéré.
Ce qu’il faut retenir
L’IFI 2026 conserve son architecture : un seuil d’entrée à 1 300 000 € apprécié au 1er janvier, un barème progressif démarrant à 800 000 €, une décote pour les patrimoines compris entre 1,3 et 1,4 million d’euros, un abattement de 30 % sur la résidence principale et une liste de dettes déductibles resserrée. Les leviers légaux existent — exonération des biens professionnels, abattement de 75 % sur les bois et forêts, plafonnement à 75 % des revenus, réduction pour dons — mais ils supposent une préparation en amont, avant la clôture de l’année civile. L’évaluation des biens demeure le point le plus sensible : mieux vaut consacrer du temps à la documenter que d’avoir à la défendre trois ans plus tard.
Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à un conseil personnalisé. Les montages patrimoniaux, les évaluations et les exonérations s’apprécient au cas par cas : rapprochez-vous de votre notaire, de votre avocat fiscaliste ou de votre conseil en gestion de patrimoine avant toute décision engageante.

Baptiste rédige des articles consacrés à la fiscalité, à l’épargne et aux mécanismes d’optimisation prévus par la réglementation. Son approche repose sur l’analyse des règles fiscales et leur mise en perspective concrète, afin d’aider les lecteurs à mieux appréhender leur situation et leurs obligations.

