Dans le domaine de la fiscalité immobilière, la question de la prise en charge de la taxe sur les ordures ménagères propriétaire ou locataire se pose systématiquement. En effet, établir clairement les obligations de chacun permet d’éviter les litiges et d’optimiser la gestion financière des biens. Cet article offre un panorama complet des règles applicables pour la période 2024-2025, des impacts sur les revenus locatifs et des astuces d’optimisation légale, notamment autour de la fameuse taxe 319. Pédagogique et synthétique, ce guide vous accompagne pas à pas pour comprendre, déclarer et réduire cette charge dans le respect de la réglementation.
Comprendre la taxe sur les ordures ménagères
La taxe sur les ordures ménagères est une composante de la fiscalité locale qui vise à financer la collecte et le traitement des déchets ménagers. Prélevée chaque année, elle peut apparaître isolée ou intégrée à la taxe foncière. Son assiette et son montant varient selon la commune, en fonction :
- du volume et du type de déchets collectés,
- de la politique de gestion des déchets adoptée par la collectivité territoriale,
- du barème voté par le conseil municipal.
En 2024-2025, plusieurs évolutions législatives ont renforcé la transparence sur son calcul et sa répartition entre propriétaires et occupants. Il convient de distinguer la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) de la contribution au service public d’assainissement non collectif (SPANC), bien que les deux puissent apparaître sur la même quittance.
Responsabilité : propriétaire ou locataire ?
La répartition des charges liées à la collecte des ordures ménagères dépend essentiellement du type de taxe. La TEOM, réclamée dans la taxe foncière, est de la responsabilité du propriétaire. En revanche, la recharge locative peut, sous certaines conditions, être refacturée au locataire :
| Responsabilité | Propriétaire | Locataire |
|---|---|---|
| Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) | 100 % | – |
| Charge locative refacturable | Avance sur paiement | Régularisation annuelle |
| Forfait ordures (baux spécifiques) | Défini au bail | Selon contrat |
Le bail peut prévoir un forfait de charges couvrant l’ensemble des dépenses relatives aux déchets. Dans ce cas, le montant est fixé librement entre les parties, à condition qu’il soit justifié et régulièrement régularisé.
Impact sur les revenus locatifs
Pour un bailleur, intégrer correctement la taxe sur les ordures ménagères dans le calcul des charges récupérables permet :
- de préserver la rentabilité nette du bien,
- d’anticiper la trésorerie et d’éviter les imprévus,
- d’assurer une relation transparente avec le locataire.
Sur le plan fiscal, les montants versés au titre des charges sont à déclarer dans la catégorie des revenus fonciers, tout comme les frais de gestion ou d’entretien. Il est donc préférable de ventiler précisément chaque ligne pour optimiser la base imposable. Les bailleurs peuvent, selon le régime réel, déduire la part de charges non récupérables et, le cas échéant, amortir certains investissements liés à la réduction des déchets (installation de compacteurs, conteneurs spécifiques, etc.).
Déclaration et paiement en 2024-2025
Pour la période fiscale 2024-2025, les modalités déclaratives ont été simplifiées : la TEOM apparaît automatiquement sur l’avis de taxe foncière, sans intervention du bailleur. Toutefois, pour la régularisation des charges locatives, il convient de :
- Collecter les justificatifs fournis par la collectivité (avis de taxe, détails de facturation).
- Ventiler les montants selon les lots et les périodes d’occupation.
- Envoyer un décompte annuel au locataire avant le 31 décembre en précisant les sommes avancées et celles restant dues.
En cas de retard de paiement, des intérêts peuvent être facturés, ce qui souligne l’importance d’une gestion rigoureuse. Pour les propriétaires bailleurs utilisant un logiciel de gestion locative, veillez à mettre à jour la nomenclature des charges et à paramétrer les alertes de suivi.
Optimisation légale de la taxe 319
La taxe 319, relative aux déchets, offre des pistes d’optimisation légale. En investissant dans des équipements et des services visant à réduire le volume de déchets ménagers, le propriétaire peut solliciter des réductions ou des exonérations partielles :
- Installation de composteurs partagés pour les résidences collectives,
- Aménagement de filières de recyclage interne (verre, papier, textiles).
Certains programmes territoriaux offrent des primes ou un abattement sur la TEOM pour les immeubles adoptant une démarche écoresponsable. Il est conseillé de se rapprocher du service environnement de la mairie et de conserver toutes les attestations. En outre, un audit déchets peut permettre de définir les actions les plus rentables à mettre en place, avec un retour sur investissement mesuré selon la réduction de la facture annuelle.
Cas pratiques et simulation
Pour illustrer les mécanismes de répartition et d’optimisation, examinons deux exemples concrets :
- Un studio en zone urbaine où le propriétaire paie 120 € de TEOM et refacture 100 € au locataire ;
- Une maison individuelle avec composteur partagé, bénéficiant d’un abattement de 30 € sur la taxe annuelle.
En combinant un tableau de suivi et un simulateur en ligne (offert par certains éditeurs de logiciels), il est possible de comparer plusieurs scénarios et d’ajuster le forfait de charges en conséquence. Cette démarche proactive renforce la satisfaction des locataires tout en optimisant la trésorerie du bailleur.
FAQ
Qui paie la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ?
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est due par le propriétaire. Elle est intégrée à l’avis de taxe foncière et ne peut pas être directement réclamée sans justification au locataire, sauf si un bail prévoit un régime de forfait de charges.
Puis-je refacturer la totalité de la TEOM à mon locataire ?
Vous pouvez refacturer une partie de la taxe sous forme de charges récupérables, à condition de fournir un décompte précis. Le montant ne peut pas excéder les dépenses réellement supportées et doit être justifié par l’avis de la collectivité.
Quelles sont les démarches pour obtenir un abattement ?
Pour bénéficier d’un abattement ou d’une exonération, il faut contacter le service environnement ou fiscalité de la mairie, fournir les justificatifs relatifs aux dispositifs d’économie de déchets installés et suivre la procédure locale.
Comment déclarer ces charges dans mes revenus fonciers ?
Vous déclarez les charges récupérées dans la rubrique dédiée des revenus fonciers (formulaire 2044). Pour le régime réel, vous inscrivez les charges non récupérables en déduction et reportez le solde net imposable.
La taxe 319 concerne-t-elle tous les logements ?
La taxe 319 s’applique généralement à tous les logements soumis à la collecte des déchets ménagers. Certaines communes peuvent toutefois proposer des aménagements spécifiques pour les résidences collectives éco-responsables.

Pierre est rédacteur spécialisé dans les thématiques liées à la fiscalité et à l’économie du quotidien. Il s’attache à expliquer de manière claire et structurée les règles fiscales, les obligations déclaratives et les dispositifs existants, afin de rendre l’information accessible au plus grand nombre.

