Chômage des indépendants en 2026 : l’ATI, conditions, montant et démarches

Pendant des décennies, se mettre à son compte revenait à travailler sans filet : en cas de dépôt de bilan ou de chute brutale du chiffre d’affaires, l’artisan, le commerçant ou le professionnel libéral ne pouvait compter sur aucune indemnisation. La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a changé la donne en créant, à compter du 1er novembre 2019, l’allocation des travailleurs indépendants, plus connue sous son acronyme d’ATI. Financée par l’impôt et non par des cotisations spécifiques, elle constitue aujourd’hui le seul dispositif public d’indemnisation du chômage ouvert aux indépendants qui ne relèvent pas du régime général.

Sept ans après sa création, l’ATI reste pourtant largement méconnue, et surtout largement sous-utilisée : chaque année, seuls quelques milliers de dossiers sont acceptés, très loin des estimations initiales. En cause, des conditions d’accès strictes, un montant forfaitaire modeste et une durée limitée à six mois. Ce guide fait le point sur les règles applicables en 2026 : qui peut y prétendre, combien vous pouvez percevoir, comment déposer votre demande, quelle fiscalité s’applique et surtout que faire lorsque la réponse est négative. Les montants cités sont ceux en vigueur au moment de la rédaction ; ils sont révisés périodiquement, pensez à les vérifier avant de bâtir votre budget.

L’ATI, une allocation forfaitaire et non une assurance chômage

La première chose à comprendre est que l’ATI ne fonctionne pas du tout comme l’allocation d’aide au retour à l’emploi versée aux anciens salariés. L’ARE est une allocation contributive : son montant dépend directement des salaires perçus et des cotisations d’assurance chômage prélevées sur les bulletins de paie, et sa durée varie selon la durée d’affiliation. L’ATI, elle, est une allocation forfaitaire de solidarité. Les travailleurs indépendants ne cotisent pas à l’assurance chômage : le dispositif est financé par une fraction de la contribution sociale généralisée affectée à l’Unédic. En contrepartie de cette absence de cotisation, le législateur a fixé un montant plafonné et une durée fixe, identiques pour tous, quel que soit le niveau de revenus antérieur.

Cette logique explique la plupart des critiques adressées au dispositif. Un consultant qui dégageait 60 000 € de bénéfice annuel percevra exactement la même somme qu’un artisan qui en dégageait 15 000 €, dès lors que tous deux atteignent le plafond. Le montant maximal, proche de 800 € par mois, ne remplace évidemment pas un revenu d’activité : il s’agit d’un revenu de transition destiné à couvrir les charges incompressibles du foyer le temps de retrouver un emploi ou de relancer un projet. Il faut donc aborder l’ATI comme un amortisseur de court terme, pas comme une véritable protection contre la perte d’activité.

L’ATI n’est pas une indemnisation proportionnelle à ce que vous gagniez : c’est un forfait de solidarité, plafonné et limité à six mois, pensé pour amortir un choc de trésorerie, pas pour maintenir votre niveau de vie.

Le dispositif concerne l’ensemble des travailleurs non salariés : artisans, commerçants, professions libérales réglementées ou non, exploitants agricoles, mais aussi les micro-entrepreneurs, à condition qu’ils remplissent les critères de revenus détaillés plus loin. Les dirigeants assimilés salariés, tels que les présidents de SAS ou les gérants minoritaires de SARL, relèvent quant à eux d’un régime particulier : ils cotisent au régime général mais restent exclus de l’assurance chômage au titre de leur mandat social, ce qui les renvoie également vers l’ATI. Si vous hésitez encore sur la forme juridique de votre activité, notre comparatif entre micro-entreprise, EURL et SASU en 2026 détaille les conséquences de chaque statut en matière de protection sociale.

Les cinq conditions à remplir pour toucher l’ATI en 2026

L’accès à l’allocation repose sur cinq critères cumulatifs. Il suffit qu’un seul ne soit pas satisfait pour que la demande soit rejetée, ce qui explique le faible taux d’acceptation des dossiers. Le premier critère, et de loin le plus sélectif, tient à la nature de la cessation d’activité : elle doit être involontaire. Trois situations ouvrent droit à l’ATI. La liquidation judiciaire de l’entreprise, d’abord, qui reste le cas de figure le plus fréquent. Le redressement judiciaire ensuite, lorsque le plan de continuation impose le remplacement du dirigeant. Enfin, depuis l’assouplissement entré en vigueur en 2022, la cessation d’une activité devenue économiquement non viable, sans passage devant le tribunal.

Cette troisième voie a considérablement élargi le champ du dispositif, mais elle obéit à un formalisme précis. Vous devez justifier d’une baisse d’au moins 30 % de vos revenus fiscaux déclarés d’une année sur l’autre, et cette baisse doit être attestée par un tiers de confiance : un expert-comptable, ou une personne habilitée d’une chambre de commerce et d’industrie, d’une chambre de métiers et de l’artisanat ou d’une chambre d’agriculture. Ce professionnel ne se contente pas de constater la baisse : il délivre une attestation normalisée que vous joindrez à votre dossier. Anticipez ce point, car obtenir ce document prend souvent plusieurs semaines et son coût reste à votre charge.

Les quatre autres conditions tiennent à votre parcours et à votre situation financière. Vous devez avoir exercé votre activité pendant au moins deux années continues au sein d’une seule et même entreprise, les deux années prises en compte étant celles qui précèdent immédiatement la cessation. Vous devez avoir dégagé un revenu d’activité d’au moins 10 000 € par an en moyenne sur ces deux années, seuil ramené à 7 500 € à Mayotte. Vos ressources personnelles doivent être inférieures au montant forfaitaire du revenu de solidarité active pour une personne seule. Enfin, vous devez être inscrit à France Travail et rechercher effectivement un emploi.

Condition Ce qu’il faut respecter en 2026 Justificatif attendu
Cessation involontaire Liquidation judiciaire, redressement avec éviction du dirigeant, ou activité non viable (baisse des revenus d’au moins 30 %) Jugement du tribunal ou attestation d’un tiers de confiance
Durée d’activité Au moins 2 ans continus dans la même entreprise Avis de situation Insee, extrait Kbis, déclarations fiscales
Revenus antérieurs 10 000 € par an en moyenne sur les 2 dernières années (7 500 € à Mayotte) Avis d’imposition des 2 dernières années
Ressources actuelles Inférieures au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule Déclaration de ressources des 12 derniers mois
Recherche d’emploi Inscription à France Travail et démarches effectives et permanentes Inscription en ligne et projet personnalisé d’accès à l’emploi
Délai de dépôt Inscription dans les 12 mois suivant la cessation d’activité Date du jugement ou de la radiation

Deux précisions méritent d’être soulignées. Le plafond de ressources s’apprécie sur les douze mois précédant la demande, en neutralisant les revenus tirés de l’activité perdue et en raisonnant sur la base d’une personne seule : les revenus de votre conjoint ne sont donc pas comptabilisés. Il correspond au montant forfaitaire du RSA, soit 646,52 € par mois dans l’Hexagone et 484,89 € à Mayotte selon le barème applicable au moment de la rédaction ; ce montant étant revalorisé chaque année au 1er avril, vérifiez la valeur en vigueur à la date de votre demande. Second point : le bénéfice de l’ATI n’est ouvert qu’une seule fois tous les cinq ans, délai calculé à partir du dernier jour indemnisé.

Travailleur indépendant examinant ses comptes après une cessation d’activité
Une baisse de revenus d’au moins 30 % attestée par un tiers de confiance peut ouvrir droit à l’ATI. Photo : Anna Tarazevich / Pexels

Quel montant en 2026 et pendant combien de temps ?

Le calcul de l’ATI est d’une grande simplicité. France Travail retient la moyenne de vos revenus d’activité déclarés au titre des deux dernières années, puis la divise par 730 pour obtenir un montant journalier. Ce résultat est ensuite encadré par un plancher et un plafond. Concrètement, l’allocation ne peut pas dépasser 26,30 € par jour, ni descendre en dessous de 19,73 € par jour. Traduit en mensualités, cela représente une fourchette comprise entre 600 € et 800 € environ, selon le nombre de jours du mois considéré. À Mayotte, où les barèmes sociaux sont spécifiques, la fourchette s’établit entre 13,15 € et 19,73 € par jour.

Cette mécanique aboutit à un résultat contre-intuitif pour beaucoup de demandeurs : dès lors que vos revenus moyens dépassent environ 19 200 € par an, vous touchez le plafond, et un revenu supérieur ne change plus rien. À l’inverse, un indépendant dont les revenus moyens tournaient autour de 11 000 € par an percevra le plancher de 19,73 €, soit environ 600 € par mois. L’écart entre les deux situations reste donc faible, autour de 200 € mensuels, alors que l’écart de revenus antérieurs pouvait être considérable. La durée, elle, ne varie jamais : 182 jours calendaires, soit six mois pleins, sans possibilité de prolongation.

Situation Montant journalier Équivalent mensuel indicatif Durée
Hexagone et DROM (hors Mayotte) — montant maximal 26,30 € environ 800 € 182 jours
Hexagone et DROM (hors Mayotte) — montant minimal 19,73 € environ 600 € 182 jours
Mayotte — montant maximal 19,73 € environ 600 € 182 jours
Mayotte — montant minimal 13,15 € environ 400 € 182 jours

Le versement intervient à terme échu, chaque mois, après actualisation de votre situation, exactement comme pour les allocataires du régime général. Le premier paiement peut intervenir avec un léger décalage, le temps de l’instruction du dossier, mais les droits courent à compter de la date d’inscription. Aucun différé d’indemnisation lié à des indemnités de rupture ne s’applique, contrairement à l’ARE des anciens salariés. Enfin, les six mois d’ATI sont pris en compte pour la validation de trimestres de retraite de base au titre des périodes assimilées, ce qui limite l’impact de cette parenthèse sur vos droits futurs. Pour compléter votre stratégie de long terme, notre guide sur le PER des indépendants et son plafond de déduction détaille les leviers disponibles une fois l’activité relancée.

Comment demander l’ATI : la procédure pas à pas

La démarche s’effectue entièrement en ligne et se déroule en plusieurs étapes qu’il vaut mieux préparer dans l’ordre. France Travail met à disposition un service dédié, accessible à l’adresse chomage-independant.francetravail.fr, qui commence par un questionnaire d’éligibilité. Ce simulateur vous indique en quelques minutes si vos droits sont a priori ouverts et, le cas échéant, quel montant espérer. Il ne remplace pas l’instruction du dossier mais vous évite d’engager des frais inutiles, notamment ceux liés à l’attestation du tiers de confiance.

  • Vérifier son éligibilité avec le simulateur en ligne, avant toute autre démarche.
  • Faire cesser officiellement l’activité : radiation auprès du guichet unique des entreprises, ou jugement de liquidation selon le cas.
  • Obtenir l’attestation du tiers de confiance si vous invoquez le caractère non viable de l’activité, en fournissant vos deux derniers avis d’imposition.
  • S’inscrire comme demandeur d’emploi dans les douze mois suivant la cessation, délai impératif au-delà duquel la demande devient irrecevable.
  • Déposer la demande d’ATI et téléverser les justificatifs : avis d’imposition, déclaration de ressources, pièce d’identité, relevé d’identité bancaire.
  • S’actualiser chaque mois et honorer les rendez-vous de suivi, sous peine de radiation et de suspension du versement.

Un point de vigilance revient régulièrement dans les dossiers refusés : la date de cessation retenue. Pour une liquidation judiciaire, c’est la date du jugement qui fait foi ; pour une cessation volontaire d’activité non viable, c’est la date de radiation au répertoire des entreprises. Beaucoup d’indépendants tardent à se radier, espérant un rebond, puis découvrent que le compteur des douze mois a déjà largement tourné. Si votre activité est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faites le point sans attendre plutôt que de laisser filer un droit potentiel.

Entretien de suivi avec un conseiller dans une agence pour l’emploi
L’inscription à France Travail doit intervenir dans les douze mois suivant la cessation d’activité. Photo : Ann H / Pexels

Fiscalité de l’ATI et cumul avec d’autres revenus

Sur le plan fiscal, l’ATI suit le régime des allocations de chômage : elle constitue un revenu de remplacement imposable à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires. Elle est reportée sur votre déclaration dans les cases dédiées aux allocations de chômage, en principe préremplies à partir des données transmises par France Travail. Le prélèvement à la source s’applique lors du versement, avec votre taux personnalisé si l’administration l’a transmis, ou un taux neutre à défaut. Pensez à vérifier ce taux dans votre espace particulier : après une année de revenus élevés suivie d’une chute brutale, un taux calculé sur l’année antérieure peut amputer significativement une allocation déjà modeste, et une demande de modulation à la baisse se justifie pleinement.

Côté prélèvements sociaux, le principe veut que les revenus de remplacement supportent la CSG et la CRDS. Toutefois, des règles d’exonération protègent les allocations de faible montant : lorsque le prélèvement aurait pour effet de ramener l’allocation nette en dessous d’un seuil calculé par référence au Smic journalier, il n’est pas opéré. Compte tenu du plafond de l’ATI, une large part des bénéficiaires échappe en pratique à ces prélèvements, ou ne supporte que la CRDS. Votre attestation de paiement mensuelle détaille précisément les montants bruts et nets : c’est le document à conserver pour votre déclaration.

La question du cumul appelle une réponse nuancée. L’ATI et l’ARE ne se cumulent pas : si vous avez alterné salariat et activité indépendante, France Travail examine en priorité vos droits issus du salariat, généralement plus favorables en montant comme en durée. Le versement de l’ATI s’interrompt également en cas de reprise d’une activité procurant des revenus, de départ en retraite ou d’attribution d’une pension d’invalidité. En revanche, l’ATI peut ouvrir l’accès aux dispositifs d’accompagnement de France Travail, aux aides à la formation et, sous conditions de ressources, à des prestations complémentaires versées par la CAF. En cas d’interruption pour raisons de santé pendant cette période, notre article sur l’arrêt maladie des indépendants en 2026 précise l’articulation entre indemnités journalières et revenus de remplacement.

Le conseil de la rédaction

Ne déclenchez jamais la radiation de votre entreprise avant d’avoir fait tourner le simulateur d’éligibilité et vérifié vos deux derniers avis d’imposition. Dans la majorité des refus que nous observons, la cause est la même : un revenu moyen légèrement inférieur à 10 000 € sur les deux années de référence, ou une baisse de revenus de 27 ou 28 % là où la loi en exige 30. Ces paramètres se vérifient en dix minutes et conditionnent la totalité du dossier. Et si vous êtes éligible, engagez la démarche immédiatement : le délai de douze mois est un couperet, aucune régularisation tardive n’est admise.

ATI refusée : les solutions de repli

Un refus n’est pas une impasse. Plusieurs dispositifs peuvent prendre le relais, parfois pour des montants supérieurs à ceux de l’ATI. La première piste à explorer systématiquement est celle des droits salariés antérieurs. Si vous avez travaillé comme salarié avant de vous lancer et que vous n’avez pas épuisé vos droits à l’ARE, ceux-ci peuvent être repris pendant plusieurs années après leur ouverture. Beaucoup d’indépendants ignorent ce reliquat, parfois considérable, et se précipitent vers l’ATI alors qu’une reprise de droits leur serait bien plus favorable. Un entretien avec un conseiller permet de faire ce point en quelques minutes.

  • Reprise ou rechargement des droits à l’ARE issus d’une période salariée antérieure, souvent plus généreux et plus long que l’ATI.
  • Assurances perte d’emploi privées souscrites volontairement, qui indemnisent en pourcentage du revenu antérieur ; les cotisations sont généralement déductibles du résultat professionnel.
  • RSA et prime d’activité, ouverts sous conditions de ressources du foyer, y compris pendant une phase de reprise progressive d’activité.
  • Aides sectorielles et fonds de solidarité des caisses de retraite complémentaire ou des ordres professionnels, souvent méconnus.
  • Dispositifs de rebond : exonération de début d’activité, accompagnement à la création, formations financées dans le cadre du projet personnalisé.

L’assurance perte d’emploi privée mérite une attention particulière pour ceux qui poursuivent leur activité. Proposée par des organismes spécialisés et par la plupart des assureurs, elle couvre généralement entre 50 et 80 % du revenu net antérieur, pendant douze à vingt-quatre mois, moyennant une cotisation annuelle de quelques centaines à quelques milliers d’euros selon le niveau de garantie. Les délais de carence sont longs, souvent douze mois, ce qui impose de souscrire lorsque tout va bien et non lorsque les difficultés apparaissent. Ces cotisations viennent en déduction du résultat professionnel dans les régimes réels, un point détaillé dans notre liste des charges déductibles des indépendants en 2026.

Calculatrice et documents comptables pour vérifier les revenus des deux dernières années
Le montant de l’ATI dépend de la moyenne des revenus déclarés sur les deux années précédentes. Photo : Bia Limova / Pexels

Anticiper plutôt que subir : ce que l’ATI change à votre gestion

Au-delà du cas d’urgence, l’existence de l’ATI invite à revoir la façon dont un indépendant construit sa sécurité financière. Six mois à 800 € représentent au mieux 4 800 € de revenus de remplacement : c’est un point d’appui, pas un matelas. La règle empirique retenue par la plupart des conseillers reste de constituer une épargne de précaution équivalente à trois à six mois de charges fixes du foyer, placée sur des supports immédiatement disponibles et non risqués. Cette épargne joue un double rôle : elle absorbe les creux de trésorerie inhérents à l’activité indépendante et elle vous laisse le temps de rebâtir un projet sans accepter la première mission venue.

Un second réflexe consiste à surveiller le niveau de revenus que vous déclarez fiscalement. L’optimisation à outrance du résultat imposable, tentante à court terme, produit des effets pervers durables : elle réduit vos droits à la retraite, votre capacité d’emprunt, le montant de vos indemnités journalières et, précisément, votre éligibilité à l’ATI. Le seuil de 10 000 € de revenus annuels moyens paraît bas, mais il exclut chaque année des milliers de micro-entrepreneurs dont l’abattement forfaitaire ramène le revenu imposable sous ce niveau. Rappelons à ce sujet que le revenu retenu est le revenu fiscalement déclaré, après abattement pour les micro-entreprises, et non le chiffre d’affaires encaissé.

Questions fréquentes sur l’ATI

Un micro-entrepreneur peut-il toucher l’ATI ?

Oui, le statut de micro-entrepreneur n’est pas exclu du dispositif. La difficulté est ailleurs : le revenu retenu correspond au chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire, soit 34 % pour les bénéfices non commerciaux, 50 % pour les prestations de services commerciales et 71 % pour la vente de marchandises. Un prestataire de services doit donc encaisser environ 20 000 € par an pour atteindre 10 000 € de revenu fiscal, et un commerçant en achat-revente près de 34 500 €. Beaucoup de micro-entrepreneurs à temps partiel restent mécaniquement sous le seuil.

La cessation volontaire d’activité ouvre-t-elle des droits ?

Une cessation purement volontaire, sans difficulté économique, n’ouvre aucun droit. En revanche, une cessation décidée face à une activité devenue non viable est assimilée à une perte involontaire d’emploi, à condition de démontrer la baisse d’au moins 30 % des revenus déclarés et de faire attester cette baisse par un tiers de confiance. C’est cette voie qui a permis d’élargir sensiblement l’accès au dispositif.

Peut-on percevoir l’ATI deux fois ?

Oui, mais pas dans n’importe quel délai. Le bénéfice de l’allocation n’est ouvert qu’une fois tous les cinq ans, ce délai étant décompté à partir du dernier jour indemnisé. Un indépendant ayant perçu ses six mois d’ATI en 2023 pourra donc prétendre à une nouvelle période à partir de 2028, s’il remplit à nouveau l’ensemble des conditions.

L’ATI est-elle cumulable avec une reprise d’activité ?

Le versement s’interrompt dès lors que vous reprenez une activité procurant des revenus, salariée ou indépendante. Il n’existe pas de mécanisme de cumul partiel comparable à celui de l’ARE. Si vous envisagez de relancer une activité pendant la période d’indemnisation, signalez-le à votre conseiller : d’autres aides, notamment l’exonération de début d’activité, peuvent prendre le relais dans de meilleures conditions.

Faut-il obligatoirement passer par un expert-comptable ?

Uniquement dans le cas d’une cessation pour activité non viable, et l’expert-comptable n’est pas le seul tiers de confiance admis : une personne habilitée d’une chambre de commerce et d’industrie, d’une chambre de métiers et de l’artisanat ou d’une chambre d’agriculture peut délivrer l’attestation, parfois gratuitement pour les ressortissants du réseau. En cas de liquidation judiciaire, le jugement suffit et aucune attestation n’est requise.

Ce qu’il faut retenir

L’ATI est un droit réel, mais étroit. Six mois d’indemnisation, entre 600 et 800 € par mois, cinq conditions cumulatives et un délai de douze mois pour déposer sa demande : le dispositif récompense ceux qui l’anticipent et pénalise ceux qui le découvrent trop tard. Si votre activité traverse une zone de turbulences, le réflexe utile est de vérifier dès maintenant vos deux derniers avis d’imposition, de mesurer l’évolution de vos revenus déclarés et de faire tourner le simulateur officiel. Ces quelques minutes conditionnent l’accès à plusieurs milliers d’euros.

Cet article a une vocation informative et reflète les règles connues à la date de sa rédaction ; les barèmes et plafonds cités sont régulièrement revalorisés. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : pour une situation précise, rapprochez-vous de France Travail, de votre expert-comptable ou de votre chambre consulaire.

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