Assurance-vie et succession en 2026 : abattements de 152 500 € et 30 500 €

L’assurance-vie demeure, en 2026, l’outil de transmission préféré des épargnants français. Près de 2 000 milliards d’euros y sont placés et une large part de cet encours a été constituée dans un objectif successoral assumé. La raison tient en une phrase : les capitaux versés aux bénéficiaires au décès de l’assuré échappent, dans la très grande majorité des situations, aux droits de succession classiques. Encore faut-il maîtriser la mécanique exacte des deux abattements qui structurent cette fiscalité dérogatoire : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, et 30 500 € au global pour celles versées après. Nous détaillons ici les règles applicables en 2026, les barèmes en vigueur, les cas d’exonération totale et les erreurs qui coûtent le plus cher aux familles.

Pourquoi l’assurance-vie échappe aux droits de succession

Le principe fondateur est posé par l’article L. 132-12 du Code des assurances : le capital ou la rente payable au décès de l’assuré à un bénéficiaire déterminé ne fait pas partie de la succession de l’assuré. Autrement dit, ces sommes sont juridiquement « hors succession ». Elles ne sont pas soumises aux règles de la réserve héréditaire, elles ne se partagent pas entre héritiers selon les quotes-parts civiles, et elles ne subissent pas le barème progressif des droits de succession. Le bénéficiaire désigné dans la clause reçoit les fonds directement de l’assureur, sans passer par le notaire chargé du règlement de la succession. Cette autonomie explique à elle seule l’attrait du contrat pour protéger un conjoint, un enfant handicapé, un concubin ou un filleul.

Cette mise à l’écart n’est toutefois pas absolue. Le législateur a instauré, au fil des réformes, deux régimes fiscaux spécifiques qui viennent taxer les capitaux décès au-delà de certains seuils. Ces régimes figurent aux articles 990 I et 757 B du Code général des impôts. Ils ne relèvent pas des droits de succession à proprement parler mais d’un prélèvement sui generis pour le premier, et d’une réintégration dans l’actif successoral pour le second. La frontière entre les deux se joue sur un critère unique et parfois contre-intuitif : l’âge de l’assuré au moment où il a effectué ses versements, et non son âge au moment de l’ouverture du contrat ni au moment du décès.

La règle clé : l’âge de l’assuré au moment des versements

Un même contrat peut parfaitement relever des deux régimes simultanément. Un épargnant qui a ouvert son contrat à 55 ans, alimenté jusqu’à 68 ans, puis effectué un versement complémentaire à 73 ans, verra ses capitaux ventilés : la fraction issue des primes antérieures à 70 ans suivra l’article 990 I, celle issue du versement postérieur suivra l’article 757 B. Les assureurs calculent cette ventilation au prorata et la communiquent aux bénéficiaires ainsi qu’à l’administration fiscale. C’est pourquoi la date de chaque versement doit être scrupuleusement conservée : elle conditionne des dizaines de milliers d’euros d’économie ou de surcoût. Un versement effectué la veille du soixante-dixième anniversaire n’a pas la même portée fiscale qu’un versement effectué le lendemain.

Avant 70 ans : le régime de l’article 990 I

Pour les primes versées avant le soixante-dixième anniversaire de l’assuré, chaque bénéficiaire désigné dispose d’un abattement personnel de 152 500 €. Cet abattement s’applique sur le capital transmis, intérêts et plus-values compris. Au-delà, un prélèvement forfaitaire de 20 % frappe la tranche suivante, jusqu’à 700 000 € de capital taxable, puis le taux passe à 31,25 %. En pratique, un bénéficiaire unique peut donc recevoir 852 500 € en n’acquittant que 140 000 € de prélèvement, là où une transmission classique à un neveu aurait été taxée à 55 %. L’abattement s’apprécie par couple assuré-bénéficiaire, tous contrats confondus : une même personne désignée sur trois contrats d’un même assuré ne bénéficie que d’un seul abattement de 152 500 €.

Après 70 ans : le régime de l’article 757 B

Pour les primes versées après 70 ans, la logique change radicalement. Un abattement global de 30 500 € s’applique, mais il est unique : il se partage entre tous les bénéficiaires et couvre tous les contrats souscrits par le même assuré. Surtout, seules les primes sont taxées. Les intérêts et plus-values produits par ces versements tardifs restent intégralement exonérés, quel que soit leur montant. Au-delà de 30 500 €, la fraction excédentaire des primes est réintégrée à l’actif successoral et soumise au barème des droits de succession applicable au lien de parenté. Un enfant bénéficiera donc de son abattement personnel de 100 000 € au titre de la succession, ce qui neutralise souvent totalement l’imposition.

Un couple de seniors examine avec un conseiller les clauses bénéficiaires de son contrat d'assurance-vie
La date des versements, avant ou après 70 ans, détermine le régime fiscal applicable au capital décès. Photo : Kampus Production / Pexels

Tableau comparatif des deux régimes en 2026

Critère Article 990 I (primes avant 70 ans) Article 757 B (primes après 70 ans)
Montant de l’abattement 152 500 € 30 500 €
Portée de l’abattement Par bénéficiaire, tous contrats du même assuré Global, partagé entre tous les bénéficiaires
Assiette taxable Primes + intérêts + plus-values Primes versées uniquement
Sort des gains Taxés avec le capital Totalement exonérés
Taux applicable 20 % puis 31,25 % Barème des droits de succession selon le lien de parenté
Nature du prélèvement Prélèvement forfaitaire spécifique Droits de succession de droit commun
Déclaration Formulaire 2739 auprès de l’assureur Formulaire 2705-A joint à la déclaration de succession

Le barème de taxation au titre de l’article 990 I

Le prélèvement de l’article 990 I obéit à un barème à deux tranches, appliqué bénéficiaire par bénéficiaire après imputation de l’abattement. Il faut bien distinguer le capital brut reçu et la base taxable, qui correspond au capital diminué des 152 500 €. Une confusion fréquente consiste à appliquer le taux de 31,25 % dès 700 000 € de capital reçu, alors que le seuil s’entend après abattement, soit 852 500 € de capital brut. Cette nuance représente plus de 30 000 € d’écart pour un bénéficiaire concerné. Notez également que ce prélèvement est acquitté par l’assureur, qui le retient directement sur les sommes versées : le bénéficiaire perçoit un montant net et n’a aucune démarche fiscale ultérieure à accomplir.

Capital brut reçu par bénéficiaire Base taxable après abattement Taux Prélèvement dû
Jusqu’à 152 500 € 0 € 0 % 0 €
200 000 € 47 500 € 20 % 9 500 €
400 000 € 247 500 € 20 % 49 500 €
852 500 € 700 000 € 20 % 140 000 €
1 000 000 € 847 500 € 20 % puis 31,25 % 186 094 €
1 500 000 € 1 347 500 € 20 % puis 31,25 % 342 344 €

Deux exemples chiffrés pour fixer les idées

Prenons Michel, décédé en 2026 à 82 ans. Il avait ouvert un contrat à 52 ans et y avait versé 400 000 € avant ses 70 ans, puis 90 000 € après. Au décès, le contrat vaut 780 000 €, dont 640 000 € rattachables aux versements antérieurs à 70 ans et 140 000 € aux versements postérieurs. Michel a désigné ses deux enfants à parts égales. Chacun reçoit 320 000 € au titre de l’article 990 I, soit une base taxable de 167 500 € après abattement, et acquitte 33 500 € de prélèvement. Sur la part relevant de l’article 757 B, seules les primes de 90 000 € comptent : après l’abattement global de 30 500 €, 59 500 € sont réintégrés à la succession, absorbés par l’abattement de 100 000 € dont dispose chaque enfant.

Second cas de figure : Claire, veuve, décède à 76 ans en ayant désigné sa nièce comme unique bénéficiaire. Elle avait versé 180 000 € avant 70 ans et 60 000 € après. Le contrat vaut 310 000 € au décès, ventilé en 230 000 € et 80 000 €. Sur la première fraction, la nièce bénéficie de l’abattement de 152 500 € et paie 20 % sur 77 500 €, soit 15 500 €. Sur la seconde, les primes de 60 000 € diminuées de 30 500 € laissent 29 500 € réintégrés à la succession. Or, une nièce ne dispose que d’un abattement de 7 967 € et subit un taux de 55 %. Le coût grimpe à environ 11 843 €. Sans assurance-vie, la facture aurait dépassé 165 000 €.

Les cas d’exonération totale à connaître

Certains bénéficiaires échappent intégralement à toute taxation, quel que soit le montant transmis et quel que soit l’âge de l’assuré au moment des versements. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de droits de succession, et cette exonération se propage mécaniquement aux capitaux d’assurance-vie relevant de l’article 757 B comme au prélèvement de l’article 990 I. Concrètement, désigner son époux comme bénéficiaire garantit une transmission à coût fiscal nul, sans plafond. Attention toutefois : le concubin, même de longue date, ne bénéficie d’aucune de ces faveurs et reste taxé comme un tiers étranger.

  • Le conjoint survivant : exonération totale et sans plafond, au titre des deux régimes.
  • Le partenaire de PACS : mêmes droits que le conjoint marié depuis la loi TEPA.
  • Les frères et sœurs sous conditions cumulatives : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé, avoir plus de 50 ans ou être atteint d’une infirmité empêchant de travailler, et avoir vécu de façon constante avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès.
  • Les contrats souscrits avant le 20 novembre 1991 et alimentés avant le 13 octobre 1998 : régime historique d’exonération, encore actif pour quelques contrats anciens.
  • Les associations et fondations reconnues d’utilité publique désignées comme bénéficiaires.

L’assurance-vie n’est pas une niche fiscale que l’on active au dernier moment : c’est un dispositif de long terme dont l’efficacité se joue sur la date des versements et sur la rédaction de la clause bénéficiaire. Un contrat alimenté trop tard perd l’essentiel de son avantage successoral.

Calculatrice et documents fiscaux servant au calcul des abattements et prélèvements sur un capital décès
Le prélèvement de 20 % s’applique après l’abattement, ce qui porte le seuil de la tranche à 31,25 % à 852 500 € de capital brut. Photo : Bia Limova / Pexels

Les prélèvements sociaux de 17,2 % au décès

Beaucoup d’épargnants l’ignorent : au-delà du prélèvement successoral, les gains latents du contrat supportent les prélèvements sociaux au moment du dénouement par décès. Le taux reste fixé à 17,2 % en 2026, l’assurance-vie ayant été maintenue à ce niveau alors que d’autres revenus du capital ont vu leur taux relevé. En pratique, les fonds en euros ont déjà subi ces prélèvements chaque année lors de l’inscription des intérêts en compte : seule la fraction non encore taxée est appelée. Pour les unités de compte, en revanche, la totalité des plus-values latentes est soumise au prélèvement lors du décès. Cette ponction s’effectue avant le calcul de l’abattement de 152 500 €, ce qui réduit d’autant l’assiette transmise.

Bénéficiaires multiples : comment se répartissent les abattements

La multiplication des bénéficiaires est le levier d’optimisation le plus puissant du régime de l’article 990 I, puisque l’abattement de 152 500 € est personnel. Un assuré qui désigne quatre bénéficiaires transmet ainsi 610 000 € en franchise totale de prélèvement, contre 152 500 € s’il n’en désigne qu’un seul. Encore faut-il que la clause soit rédigée sans ambiguïté et qu’elle prévoie une répartition explicite, en pourcentage plutôt qu’en montants fixes, afin d’éviter les blocages si la valeur du contrat évolue. La rédaction de cette clause mérite un soin particulier : nous détaillons les formulations à privilégier dans notre guide consacré à la rédaction de la clause bénéficiaire.

À l’inverse, l’abattement de 30 500 € de l’article 757 B ne se démultiplie pas. Il se répartit entre les bénéficiaires au prorata de leurs parts respectives dans les primes taxables. Désigner cinq personnes n’apporte donc aucun gain supplémentaire sur cette fraction. En revanche, la réintégration dans l’actif successoral ouvre droit aux abattements personnels de droit commun, particulièrement favorables en ligne directe. C’est la raison pour laquelle certains conseillers recommandent, après 70 ans, de privilégier des bénéficiaires disposant d’abattements successoraux élevés, et de réserver les versements les plus importants aux enfants plutôt qu’à des collatéraux lourdement taxés.

Ce qui change, et ce qui ne change pas, en 2026

Malgré des débats parlementaires récurrents, le régime successoral de l’assurance-vie n’a pas été bouleversé. Les abattements de 152 500 € et de 30 500 € sont maintenus à l’identique, tout comme les taux de 20 % et 31,25 %. Plusieurs amendements visant à aligner la fiscalité de l’assurance-vie sur celle des successions classiques ont été discutés ces dernières années, mais aucun n’a prospéré. Il reste prudent de considérer que ce régime dérogatoire demeure sous surveillance budgétaire et qu’une réforme reste possible à moyen terme. Les contrats déjà alimentés bénéficient toutefois traditionnellement de mesures transitoires, ce qui plaide pour ne pas différer indéfiniment ses versements.

Deux points d’attention méritent d’être signalés pour l’année en cours. D’une part, la contribution différentielle sur les hauts revenus, pérennisée par la loi de finances pour 2026, peut neutraliser l’intérêt du taux réduit de 7,5 % applicable aux rachats pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 €. D’autre part, les échanges automatiques d’informations entre assureurs et administration fiscale se sont considérablement renforcés via le fichier FICOVIE, qui recense tous les contrats de plus de 7 500 €. Toute stratégie doit désormais être documentée et cohérente. Pour comparer avec la transmission classique, consultez les barèmes des droits de succession et de donation pour 2026.

Bureau de notaire avec dossiers et stylo lors du règlement d'une succession comportant une assurance-vie
Le capital décès est versé hors succession, mais certaines fractions doivent être déclarées au notaire. Photo : Vidal Balielo Jr. / Pexels

Cinq stratégies pour optimiser la transmission

Optimiser un contrat d’assurance-vie ne relève pas du bricolage fiscal mais d’une organisation anticipée. La première règle consiste à concentrer l’effort d’épargne avant 70 ans, quitte à arbitrer d’autres placements pour alimenter le contrat. La deuxième consiste à cloisonner les versements : ouvrir un second contrat après 70 ans permet d’isoler les primes relevant de l’article 757 B et de simplifier considérablement le règlement. Cette technique, largement pratiquée, est développée dans notre article sur l’ouverture de deux nouveaux contrats après 70 ans. Les trois autres leviers portent sur la clause elle-même.

  • Multiplier les bénéficiaires de premier rang pour démultiplier l’abattement de 152 500 €, en incluant petits-enfants, filleuls ou personnes à protéger.
  • Démembrer la clause bénéficiaire en attribuant l’usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants : l’abattement se répartit alors selon le barème de l’article 669 du CGI, et le conjoint exonéré absorbe une part de la charge.
  • Prévoir des bénéficiaires de rang subséquent avec la mention « à défaut, mes héritiers » afin d’éviter que le capital ne retombe dans la succession en cas de prédécès.
  • Vérifier la cohérence entre clause et testament, car des désignations contradictoires génèrent des contentieux longs et coûteux.
  • Documenter chaque versement en conservant les avis d’opération, seule preuve fiable de la date et donc du régime applicable.

Le conseil de la rédaction

Ne laissez jamais une clause bénéficiaire dormir plus de cinq ans sans la relire. Un divorce, une naissance, un décès ou une brouille familiale rendent obsolète une rédaction pourtant impeccable à l’origine. Nous voyons régulièrement des capitaux importants revenir à un ex-conjoint simplement parce que la clause n’avait pas été actualisée après le divorce. La modification est gratuite, s’effectue en quelques minutes auprès de l’assureur, et ne nécessite l’accord de personne tant que le bénéficiaire n’a pas accepté formellement le bénéfice du contrat. Profitez-en pour vérifier que la répartition est exprimée en pourcentages et que des bénéficiaires de second rang sont bien prévus.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

La première erreur, et de loin la plus fréquente, consiste à désigner « mes héritiers » sans autre précision alors que l’on souhaite avantager une personne en particulier. Le capital est alors réparti selon les règles civiles, avec pour effet de diluer l’abattement et parfois de faire entrer dans le partage des personnes que l’on n’entendait pas gratifier. La deuxième erreur consiste à accepter trop vite le bénéfice du contrat : une fois l’acceptation formalisée, le souscripteur perd la faculté de modifier la clause et même de racheter librement son contrat. La troisième porte sur les primes manifestement exagérées, que les héritiers lésés peuvent contester devant le juge pour les réintégrer à la succession.

Enfin, beaucoup de familles négligent les obligations déclaratives. Les bénéficiaires relevant de l’article 990 I doivent remettre à l’assureur une attestation sur l’honneur mentionnant les abattements déjà utilisés sur d’autres contrats du même assuré. Ceux relevant de l’article 757 B doivent, eux, déclarer les primes concernées au notaire via le formulaire 2705-A. Omettre cette formalité expose à un redressement assorti d’intérêts de retard. Sur ce point précis, notre article dédié à la question de savoir s’il faut déclarer l’assurance-vie au notaire détaille les documents à fournir et les délais applicables.

Questions fréquentes

L’abattement de 152 500 € se cumule-t-il avec l’abattement successoral de 100 000 € par enfant ?

Oui, et c’est l’un des atouts majeurs du dispositif. Les deux abattements relèvent de régimes distincts et ne s’imputent pas l’un sur l’autre. Un enfant peut donc recevoir 152 500 € d’assurance-vie sans prélèvement au titre de l’article 990 I, puis 100 000 € de patrimoine successoral classique en franchise de droits, soit 252 500 € transmis sans imposition. En ajoutant les donations effectuées plus de quinze ans avant le décès, qui bénéficient d’un rechargement de l’abattement, les montants transmissibles sans fiscalité deviennent significatifs pour un patrimoine familial moyen.

Que se passe-t-il si aucun bénéficiaire n’est désigné ?

En l’absence de clause bénéficiaire, ou si tous les bénéficiaires désignés sont prédécédés sans que des bénéficiaires de rang subséquent aient été prévus, le capital réintègre l’actif successoral. Il perd alors la totalité de son avantage fiscal et subit le barème des droits de succession selon le lien de parenté. C’est le scénario le plus défavorable, et il résulte presque toujours d’un simple oubli de mise à jour.

Les intérêts produits après 70 ans sont-ils vraiment exonérés ?

Oui. L’article 757 B ne taxe que les primes versées, à l’exclusion des produits qu’elles ont générés. Un versement de 100 000 € effectué à 72 ans qui aurait doublé de valeur au décès ne sera taxé que sur 100 000 € diminués de l’abattement global de 30 500 €. Les 100 000 € de gains échappent totalement à l’imposition successorale, ce qui rend les versements tardifs bien moins pénalisants qu’on ne le croit lorsque l’horizon de placement reste long.

Le bénéficiaire doit-il payer des impôts sur le capital reçu ?

Le capital décès n’est pas un revenu imposable. Il n’est ni déclaré sur la déclaration de revenus, ni soumis au barème de l’impôt sur le revenu. Seuls s’appliquent le prélèvement de l’article 990 I, retenu à la source par l’assureur, ou les droits de succession de l’article 757 B, réglés dans le cadre du règlement notarial. Les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains sont également prélevés directement par l’assureur.

Peut-on encore ouvrir un contrat après 80 ans ?

Juridiquement, rien ne l’interdit et la plupart des assureurs acceptent les souscriptions jusqu’à un âge avancé. L’intérêt successoral se limite alors à l’abattement global de 30 500 € et à l’exonération des gains, mais l’outil conserve son utilité pour organiser une transmission hors succession vers un bénéficiaire précis, notamment un concubin ou une personne sans lien de parenté. Il faut simplement veiller à ce que les primes ne soient pas jugées manifestement exagérées au regard du patrimoine et des revenus du souscripteur.

À retenir

La fiscalité successorale de l’assurance-vie repose sur une architecture simple à condition d’en respecter la chronologie : versez avant 70 ans autant que possible, multipliez les bénéficiaires, rédigez une clause précise et actualisez-la régulièrement. Les 152 500 € d’abattement par bénéficiaire constituent un avantage sans équivalent dans le paysage patrimonial français, et les 30 500 € accordés après 70 ans, complétés par l’exonération intégrale des gains, restent loin d’être négligeables. Chaque situation familiale comporte cependant ses spécificités, notamment en présence d’enfants d’unions différentes ou de patrimoines importants.

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil patrimonial ou fiscal personnalisé. Avant toute décision engageant votre transmission, rapprochez-vous de votre notaire, de votre conseiller en gestion de patrimoine ou de votre assureur, seuls à même d’analyser votre situation complète.

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